‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 61 sur 326 · ACTE I, SCÈNE IV. io · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. io

LÉ ANDRE

Je te les promets encore, si je puis parvenir au but où j'aspire.

Mme CATAU.

Ma foi, quandj'y fais réflexion, c'est conscience de donner les mains à une pareille tromperie, pour une somme aussi modique que celle-là.

LEAMDRE.

Pas si modique.

Mine CATAU.

Il me vient quelquefois des scrupules qui me forcent presque à exiger de vous que vous alliez jusqu'à quatre mille francs.

LÉANDRE

Oh ! je te prie, ne sois pas si scrupuleuse.

Mœe CATAU.

Non, je ne pourrai résister à mes remords, si vous ne me donnez pas vingt pistoles d'avance. léakdre, les lui donnant.

Eh bien ! les voilà. Cela mettra- t-il ta conscience en repos?

Mme CATAU.

Je la sens un peu soulagée.

LEAKDRE.

Dieu soit loué!

Mme CATAU.

Ecoutez, monsieur: ce n'est pas pour me van-

io4 LE TAMBOUR NOCTURNE,

ter, mais je défie mes plus grands ennemis de pouvoir dire que j'aie jamais servi personne sans m'être fait bien payer.

LÉ ANDRE

Oh! jeté crois... Mais revenons à notre affaire. La baronne est-elle bien persuadée que je sois l'esprit de feu son mari?

Mme CATAU.

Au moins, puis-je vous assurer que j'emploie toute mon adresse à l'en convaincre. Je lui dis, à tout moment, que son mari revient exprès de l'autre monde pour l'empêcher d'épouser le marquis en secondes noces.

LÉANDRE

Redouble tes efforts, je te prie, pour m'en délivrer au plus tôt; car je commence à me lasser du personnage que je joue depuis quinze jours , et de courir toutes les nuits dans ce vieux château comme un vrai lutin. Je risque beaucoup.

Mme CATAU.

Eh ! que risquez-vous ? Si quelqu'un s'avisoit de vous suivre, n'avez- vous pas une retraite sûre en cet endroit? Vous y êtes à l'abri de toutes les recherches. Il n'y a que moi dans la maison qui le connoisse, et ce n'est que par un pur hasard que je l'ai découvert.

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