M. PINCÉ, LA BARONNE
M. PINCÉ
Avez-vous le loisir, madame , d'écouter la lecture de mon petit mémoire ?
En vérité, je ne sais si, avec tout ce que j'ai dans la tête , je pourrai présentement vous donner beaucoup d'attention.
M. pincé.
Permettez, du moins, que je vous rende compte de ce qui a été dépensé, ou consommé , la semaine dernière: vous trouverez que cela monte un peu haut ; mais il y a de grandes dépenses à
faire dans une maison où il revient des esprits»
LA BARONNE
Cependant je crois que les esprits ne boivent ni ne mangent?
M. pincé, lisant.
( 7/ met ses lunettes quand il lit, et les ôte toutes
les fois quil parle et quil explique ses articles.)
Premièrement, une pièce de vin blanc... ( interrompan t sa lecture. ) Ce n'est pas l'esprit qui l'a bu, mais cela revient au même; car vos domestiques disent tous qu'ils n'auront jamais le courage de demeurer dans une maison où il revient , à moins qu'on ne leur donne du vin à discrétion. Ils se flattent que vous aurez la bonté d'y consentir, tant que ce maudit tambour fera du bruit dans le château.
LA BARONNE
Fort bien î Si je leur accorde cela , je vous garantis qu'on ne les guérira jamais de leur peur... Mais passons.
m. pincé, lisant.
Item. Viande de boucherie , huit cents livres.
LA BARONNE
Huit cents livres ! Mais voilà une dissipation effroyable, M. Pincé !
M. PINCÉ
Ma foi, madame, ce n'est pas trop pour réga-