‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 84 sur 326 · M. PINCÉ, LA BARONNE · texte numérisé non relu

M. PINCÉ, LA BARONNE

M. PINCÉ

Avez-vous le loisir, madame , d'écouter la lecture de mon petit mémoire ?

En vérité, je ne sais si, avec tout ce que j'ai dans la tête , je pourrai présentement vous donner beaucoup d'attention.

M. pincé.

Permettez, du moins, que je vous rende compte de ce qui a été dépensé, ou consommé , la semaine dernière: vous trouverez que cela monte un peu haut ; mais il y a de grandes dépenses à

faire dans une maison où il revient des esprits»

LA BARONNE

Cependant je crois que les esprits ne boivent ni ne mangent?

M. pincé, lisant.

( 7/ met ses lunettes quand il lit, et les ôte toutes

les fois quil parle et quil explique ses articles.)

Premièrement, une pièce de vin blanc... ( interrompan t sa lecture. ) Ce n'est pas l'esprit qui l'a bu, mais cela revient au même; car vos domestiques disent tous qu'ils n'auront jamais le courage de demeurer dans une maison où il revient , à moins qu'on ne leur donne du vin à discrétion. Ils se flattent que vous aurez la bonté d'y consentir, tant que ce maudit tambour fera du bruit dans le château.

LA BARONNE

Fort bien î Si je leur accorde cela , je vous garantis qu'on ne les guérira jamais de leur peur... Mais passons.

m. pincé, lisant.

Item. Viande de boucherie , huit cents livres.

LA BARONNE

Huit cents livres ! Mais voilà une dissipation effroyable, M. Pincé !

M. PINCÉ

Ma foi, madame, ce n'est pas trop pour réga-

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