ACTE III, SCENE VI. i5S
occultes a cela de particulier qu'elle fait croître la barbe à vue d'œil.
LA BARONNE
Vous êtes bien heureux, monsieur le marquis, de n'avoir pas donné dans les sciences occultes!
LE BARON
Oh! je vous promets que l'étude ne lui fera jamais croître la barbe.
LE MARQUIS
Tu crois donc, vieux bouquin, que je ne suis qu'un ignorant, parceque je n'ai pas le menton si touffu que le tien? Apprends de moi, vieux Nostradamus, que la science ne se mesure pas à la barbe. Tu jugerois mieux de moi si tu te connoissois en physionomie; mais je vois que tu n'y entends rien.
LE BARON
Je vais vous prouver le contraire... (a la baronne 9 en montrant le marquis. ) Avec votre permission, madame, que je lui dise un mot en particulier.
la baronne, se retirant à l* écart.
Oh! volontiers.
LE MARQUIS
Eh bien ! quel est le grand mystère que tu vas m' apprendre?
LE BARON
Le voici... Mais jurez-moi que vous ne le révélerez point.
LE MARQUIS
Je t'en donne ma parole d'honneur.
LE BARON
Eh hien donc! suivant toutes les règles de la physionomie, vous êtes un fat... Que cela soit secret entre nous.
LE MARQUIS
Tu me paieras cette mi pertinence.
LA BARONNE
Oh! je vous prie, marquis, confiez -moi ce qu'il vous a dit à l'oreille.
LE MARQUIS
Ce n'est qu'un petit compliment qu'il m'a fait sur les traits de mon visage. Il ne me siéroit pas de vous le répeter.
la BAROifNE,flu baron.
Pouvez-vous prédire par la physionomie ce qui doit arriver aux personnes que vous voyez?
LE BARON
C'est mon fort.
LA BARONNE
Oh ! si cela est , je vous prie d'examiner celle de monsieur le marquis, et de me dire sa destinée.