‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 103 sur 265 · ACTE III, SCENE XVI. i5i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XVI. i5i

F I G A B o , en colère.

Ils font broder jusqu'aux soldats !

M A RC E Li N E , exaltée.

Dans les rangs même plus élevés , les femmes n'obtiennent de vous qu'une considération dérisoire. Leurrées de respects apparents, dans une servitude réelle ; traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes; ah ! sous tous les aspects , votre conduite avec nous fait horreur ou pitié.

FIGARO

Elle a raison.

LE GO MTE, à part.

Que trop raison.

BRI d'oison.

Elle a , mon-on Dieu ! raison.

MARCELINE

Mais que nous font, mon fds,les refus d'un homme injuste? Ne regarde pas d'où tu viens, vois où tu vas ; cela seul importe à chacun. Dans quelques mois ta fiancée ne dépendra plus que d'elle-même; elle t'acceptera, j'en réponds. Vis entre vme épouse , une mère tendre , qui te chériront à qui mieux mieux. Sois indulgent pour elles, heureux pour toi, monfds; gai, libre et bon pour tout Le monde ; il ne manquera rien à ta mère.

1Î2 LE MAUIAGE ])\i FIGARO.

KIGAKO.

Tu parles d'or, maman, et je me tiens à ton avis. Qu'on est sot , en effet ! Il y a des mille et mille ans que le monde roule, et dans cet océan de durée, où j'ai par hasard attrapé quelques chétifs trente ans qui ne reviendront plus, j'irois me tourmenter pour savoir à qui je les dois ! Tant pis pour qui s'en inquiète. Passer ainsi la vie à chamailler, c'est peser sur le collier sans relâche, comme les malheureux chevaux de la remonte des fleuves , qui ne reposent pas même quand ils s'arrêtent, et qui tirent toujours quoiqu'ils cessent de marcher. Nous attendrons.

LE COMTE

Sot événement qui me dérange !

B n I n' o I s O > , n Figaro.

lu la noblesse et le château ? Vous impo-oscz à la justice?

FIGARO

Elle alloit me faire faire une belle sottise, la justice ! après que j'ai manqué , pour ces maudits cent écus , d'assommervingtfoismonsieur , qui se trouve aujourd'hui mon père ! Mais puiscjue le ciel .1 sauvé ma vertu de ces dangers , mon père, agréez mes excuses... Et vous, ma mère, cmhrassezinoi... \o plus matrrnellr-ment que vous pourrez, ( Mairi'linc lui saute au cou.)

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