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ACTE m, SCENE XVIII. i5r

ANTONIO

C'ost donc de tout-à-I'heure ?

Que je le sais.

MARCELINE, exaltée.

Non , mon cœur entraîné vers lui ne se trompoit que de motif: c'étoit le sang qui me parloit.

FIGARO

Et moi , le bon sens, ma mère , qui me servoit d'instinct quand je vous refusois ; car j'ctois loin de vous haïr, témoin l'argent...

MARCELINE lui remet un papier.

Il est à toi : reprends ton billet, c'est ta dot.

s u s A N N E lui jette la bourse.

Prends encore celle-ci ?

FIGARO

Grand merci.

MARCELINE, exaltée.

Fille assez malheureuse, j'allois devenir la plus misérable des femmes, et je suis la plus foitunée des mères ! Embrassez-moi , mes deux enfants ; j'unis en vous toutes mes tendresses. Heureuse autant que je puis l'être, ah ! mes enfants, combien je vais aimer !

FIGARO, attendri^ avec vivacité.

Arrête donc , chère mère ! arrête donc ! Voudrois-tu voir se fondre en eau mes yeux noyés

i56 LE MARIAGE DE FIGARO,

des premières larmes que je coinioisse ! Elles sont de joie, au moins. Mais quelle stupidité! j'ai manqué d'en être honteux : je les sentois couler entre mes doigts ; regarde ( // montre ses doigts écartés.) ; et je les retenois bêtement ! Va te promener, la honte ! je veux rire et pleurer en même temps ; on ne sent pas deux fois ce que j'éprouve. (// embrasse sa mère d'un coté ^ et Susanne de i antre.)

MARCEMNE.

O mon ami !

Mon cher ami !

nnin'oisoN, sessuyant les yeux d\in mouchoir.

Eh bien ! moi ! je suis donc bê-ête aussi ! FIGARO, exalté.

Chagrin, c'est maintenant que je puis te défier: atteins-moi, si tu l'oses, cntrf ces deux femmes chéries.

ANTONIO, à Figaro.

Pas tant de cajoleries, s'il vous plaît. En fait de mariage dans les familles, celui dos parents va devant, savez. Les vôtres se baillent-ils la main ?

BA nriiOLO.

Ma main! Puisse-t-elle se dessécher et tomber, si jamais je ladonu(> à la mère d'un tel drôle !

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