‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 163 sur 265 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

SUS ANNE, seule, tenant desJJeurs obscures^ dont elle fait un bouquet.

Que madame s'éveille et sonne, mon triste ouvrage est achevé. ( Elle s assied avec abandon.) A peine il est neuf heures, et je me sens déjà d'une fatigue... Son dernier ordre, en la couchant, m'a gâté ma nuit tout entière... Demain, Susanne, au point du jour, fais apporter beaucoup de fleurs, et garnis-en mes cabinets. — Au portier: Que de la journée il n'entre personne

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pour moi. — Tu me formeras un bouquet de fleurs noii'es et rouge foncé , un seul œillet blanc au milieu... he voilà. — Pauvre maîtresse! elle pleuroit !... Pour qui ce mélange d'apprêts?... Eh eh! si nous étions en Espagne, ce seroit aujourd'hui la fête de son fils Léon... (avec mystèi'e.) et d'un autre homme qui n'est plus. (Elle regarde lesfleurs.)hes couleurs du sang et du deuil! (Elle soupire.) Ce cœur blessé ne guérira jamais! — Attachons-le d'un crêpe noir , puisque c'est là sa triste fantaisie. (Elle attache le bouquet.)

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