‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 214 sur 265 · ACTE III,' SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III,' SCENE II

rable ! mon Dieu ! je ne m'en plaindrai pas ; mais que mon fils ne porte point la peine d'un crime qu'il n'a pas commis! Connoissez-vous, monsieur Bégearss , quelque remède à tant de maux?

EÉGEARSS.

Oui, femme respectable; et je venois exprès dissiper vos terreurs. Quand on craint une chose , tous nos regards se portent vers cet objet trop alarmant: quoi qu'on dise ou qu'on fasse, la frayeur empoisonne tout. Enfin je tiens la clef de ces énigmes. Vous pouvez encore être heureuse.

LA COMTESSE

L'est-on avec une ame déchirée de remords ?

BÉGEARSS

Votre époux ne fuit point Léon; il ne soupçonne rien sur le secret de sa naissance. LA COMTESSE^ vivement.

Monsieur Bégearss !

BÉGEARSS

Et tous ces mouvements que vous prenez pour de la haine ne sont que l'effet d'un scrupule. Oh ! que je vais vous soulager !

LA COMTESSE.) ardemment.

Mon cher mon.sieur Bégearss !

BÉGEARSS

Mais enterrez dans ce cœur allégé le çrand

iio LA MÈUE cor PARLE.

mot que je vais vous dire. Votre secret à vous.

c'est la naissance de Léon ; le sien est celle de

Florestine ; (plus bas. ) il est son tuteur... et son

père.

L\ COMTESSE, jolguan t les 7nain s.

Dieu tout-puissant, qui me prends en pitic !

Jugez de sa frayeur en voyant ses enfants amoureux l'un de l'autre ! Ne pouvant dire son secret, ni supporter qu'un tel attachement devînt le fruit de son silence, il est resté sombre, bizarre; et s'il veut éloigner son fils, c'est pour éteindre, s'il se peut, par cette absence et par ces vœux, un malheureux amour qu'il croit ne pouvoir tolérer,

LA COMTESSE, priant avec ardeur.

Source éternelle de bienfaits ! ô mon Dieu ! tu permets qu'en partie je répare la faute involontaire qu'un insensé me fit commettre ; que j'aift de mon côté quelque chose à remettre à cet époux que j'offensai. O comte Almaviva ! mon cœur flétri, fermé par vingt années de peines, va se rouvrir enfin pour loi ! Florestine est ta fille; elle me devient chère comme si mon sein l'eût portée ; faisons , sans nous parler, l'échange de notre indulgence !0 monsieur lîégearss ! achevez.

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