LES PRÉCÉDENTS, FIGARO
FIGARO, accourant.
Elle a repris sa connoissance?
Ah Dieu ! j'étouffe aussi. ( Elle se desserre.)
LE COMTE cn'e.
Figaro ! vos secours !
FIGARO, étouffé.
Un moment, calmez-vous. Son état n'est plus si pressant. Moi qui étois dehors, grand Dieu ! Je suis rentré bien à propos!... Elle m'avoit fort effrayé ! Allons , madame, du coura,ge !
LA COMTESSE,/? ria nt , j'en versée.
Dieu de bonté ! fais que je meure !
LÉO s, en i asseyant mieux.
Non, maman, vous ne mourrez pas , et nous
35i LA MÈKE COUPABLE,
réparerons nos torts. Monsieur, vous que je n'outragerai plus en vous donnant un autre nom, reprenez vos titres, vos biens; je n'y avoisnul droit: hélas! je l'ignorois. Mais, par pitié, n'écrasez point d'un déshonneur public cette infortunée qui fut votre... Une erreur expiée par vingt années de larmes est-elle encore un crime, alors qu'on fait justice ? Ma mère et moi nous nous bannissons de chez vous.
LE COMTE, exalté.
Jamais ! Vous n'en sortirez point.
LÉON
Un couvent sera sa retraite ; et moi, sous mon nom de Léon, sous le simple habit d'un soldat, je défendrai la liberté de notre nouvelle patrie. Inconnu, je mourrai pour elle, ou je la servirai en zélé citoyen.
( Susanne pleure dans un coin,Fi{jaro est absorbé
dans l'autre.)
ï, \ COMTESSE, péniblement.
Léon ! mon cher enfant, ton courage me rend la vie : je puis encore la supporter, puisque mon fils a la vertu de ne pas détester sa mère. Cette fierté dans le malheur sera ton noble patrimoine. Il m'épousa sans biens; n'exigeons rien de lui. Le travail de mes mains soutiendra ma foibic existence; et toi, tu serviras l'état.