DOC BLE-MAIN
Silence ! messieurs.
l'huissier, glapissant.
Silence !
BARTHOLO
Un pareil fripon appelle cela payer ses dettes.
FIGARO
Est-ce votre cause, avocat, que vous plaidez?
BARTHOLO
Je détends cette demoiselle.
FIGARO
Continuez à déraisonner; mais cessez d'injurier. Lorsque , craignant rcmportement des plaideurs, les tribunaux ont toléré qu'on appelât des tiers, ils n'ont pas entendu que ces défenseurs modérés deviendroietit impunément des insolents privilégiés : c'est dégrader le plus noble institut. (Les juges continuent d'opiner bas. )
ANTONIO, « Marceline , montrant les juges.
Qu'ont-ils tant à balbucitier?
MARCELINE
On a corrompu le grand juge, il corrompt l'autre, et je perds mon procès.
i44 LE MARIAGE DE FIGARO.
B A n T II o I. o, 6rtJ, (l'ttn ton sombre.
J'on ni peiir.
F I c. ARO , fjaiement.
Cournfie, Marceline !
D O u « L E - M A I N se lèvc , à Marceline.
Ah ! c'est trop fort ! Je vous dénonce ; et , pour l'honneur du tribunal , je demande qu'avant faire droit sur l'autre affaire, il soit prononcé sur rclle-ci.
LE COMTE s'assied.
Non , greffier, je ne prononcerai point sur mon injure personnelle ; un juge espagnol n'aurapoint à rougir d'un excès digne au plus des tribunaux asiatiques : c'est assez des autres abus. J'en vais corriger un second en vous motivant mon arrêt : tout juge qui s'y refuse est un grand ennemi des lois. Que peut requérir la demanderesse ? Mariage à défaut de paiement : les deux ensemble impliqueroient.