SCÈNE XX
LE MARQUIS
Bon ! des grâces ! A quoi me serviroient-elles? N'a-t-il pas plu à votre cœur de me trouver haïssable?
LA COMTESSE
Que vous êtes impatientant avec votre haine ! Eh! quelles preuves avez-vous de la mienne? Vous n'en avez que de ma patience à écouler la bizarrerie des discours que vous me tenez toujours. Vous ai-je jamais dit un mot de ce que vous m'avez fait dire, ni que vous me fâchiez, ni que je vous hais , ni que je vous raille? toutes visions que vous prenez, jô se sais comment, dans votre tête, et que vous vous figurez venir de moi ; visions que vous grossissez, que vous multipliez à chaque fois que vous me répondez, ou que vous croyez me répondre; car vous êtes d'une maladresse ! Ce n'est non plus à moi que vous répondez, qu'à celui qui ne vous parla jamais; et cependant, monsieur se plaint.
LE MARQUIS
C'est que monsieur est un extravagant.
LA COMTESSE
C'est du moins le plus insupportable homme que je connoisse. Oui , vous pouvez être persuadé qu'il n'y a rien de si original que vos conversalions avec moi, de si incroyable.
ijS LE LEGS.
Goinine votre aversion m'accommodai
LA COMTESSE
Vous allez voir. Tenez, vous dites que vous m'aimez, n'est-ce pas? et je vous crois. Mais voyons, que souhaiteriez-vous que je vous répondisse?
LE MABQUIS.
Ce que je soidiaiterois ? Voilà qui est bien difficile à deviner ! Parbleu ! vous le savez de reste.
LA COMTESSE
Eh bien ! ne l'ai-je pas dit ? Est-ce là me répondre? Allez, monsieur, je ne vous aimerai jamais , non , jamais.
LE .MARQUIS
Tant pis, madame, tant pis. Je vous prie de trouver bon que j'en sois fâché.
LA COMTESSE
Apprenez donc, lorsqu'on dit aux gens qu'on les aime, qu'il faut du moins leur demander ce qu'ils en pensent.
LE MARQUIS
Quelle chicane vous me faites !
LA COMTESSE
Je n'y saurois tenir. Adieu.
LE MARQUIS
Kh bien ! madame , je vous aime ; qu'en pensez-