‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 119 sur 319 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Vous vois déjà en déshabillé dans l'appartement de madame.

DORAWTE.

Quelle chimère !

DUHOIS.

Oui , je le soutiens. Vous êtes actuellement dans votre salle , et vos équipages sont sous la remise.

DORANTE

Elle a plus de cinquante mille livres de rente^

Ah ! vous en avez bien soixante pour le moins.

DORANTE

Et tu me dis qu'elle est extrêmement raison* nable.

DUBOIS

Tant mieux pour vous, et tant pis pour elle. iSi vous lui plaisez, elle en sera si honteuse, elleî se débattra tant, elle deviendra si foible, qu'elle ne pourra se soutenir qu'en vous épousant : vous m'en direz des nouvelles. Vous l'avez vue , et vous l'aimez ?

DORANTE

Je l'aime avec passion, et c'est ce qui fait qUë Je tremble.

i88 LES FAUSSES CONFIDENCESi

DUBOIS

Oh ! vous m'impatientez avec vos terreurs : eh ! que diantre ! un peu de confiance ; vous réussirez, vous dis-je. Je m'en charge, je le veux, je l'ai mis là. Nous sommes convenus de toutes nos actions, toutes nos mesures sont prises, je connois l'humeur de ma maîtresse, je sais votre mérite, je saismes talents, je vous conduis , et on vous aimera , toute raisonnable qu'on est; on vous épousera, toute fière qu'on est, et on vous enrichira, tout ruiné que vous êtes; entendez-vous? Fierté, raison et richesse, il faudra que tout se rende. Quand l'amour parle , il est le maître ; et il parlera. Adieu , je vous quitte ; j'entends quelqu*un, c'est peut-être M. Rémi : nous voilà embarqués, poursuivons. (^ Il fait {quelques pas et revient.) A iproTpos, tâchez que Marthon prenne un peu de goût pour vous : l'amour et moi nous ferons le reste.

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