‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 120 sur 319 · ACTE I, SCENE Jll. i8y · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE Jll. i8y

DORANTE

Won, monsieur. Pouqu^i œe le demandezvous?

M. R)&^ïI.

C'est ,^'en venant ici j'ai i'«vé à une cUosç. . . Elle est jolie au moins !

DORANTE

Je le crois.

M. fiEAlI.

Et de fort bonne famille : c'est moi qui ,ai succédé à son père ; il étoit fort ami du vôtre ; homme un peu dérangé, sa fille est restée sans bien. La dame d'ici a voulu l'avoir; elle l'aime, la traite bien moins en suivante qu'en amie, lui fait beaucoup de bien , lui en fera encore , et a offert même de la marier. Marthon a d'ailleurs une vieille parente asthmatique dont elle hérite, et qui est à son aise. Vous allez être tous deux dans la même maison ; je suis d'avis que vous l'épousiez : qu'en dites-vous ?

DORANTE sourit , h part.

Eh! . . . mais je ne pensois pas à elle.

M. REMI

Eh bien ! je vous ivvertis d'y penser ; tâchez de lui plaire. Vous n'avez rien , mon neveu ; je dis rien qu'un peu d'espérance. Vous êtes mon héritier ; mais je meportebiep,et je ferai durer cela

i<jo LES FAUSSES CONFIDENCES, le plus long-temps que je pourrai, sans compter que je puis me marier. Je n'en ai point d'envie; mais cette envie-là vient tout d'un coup : il y a tant de minois qui vous la donnent ! Avec une femme on a des enfants, c'est la cou-tume ; auquel cas serviteur au collatéral. Ainsi, mon neveu , prenez toutes vos petites précautions , et vous mettez en état de vous passer de mon bien , que je vous destine aujourd'hui, et que je vous ôterai demain peut-être.

DORANTE

\'ous avez raison, monsieur, et c'est aussi à quoi je vais travailler.

M. REMI

Je vous y exhorte. Voici mademoiselle Marthon : éloignez-vous de deux pas', pour me donner le temps de lui demander comment elle vous trouve. {Dorante s'écarte un peu.)

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