ACTE II, SCÈNE VIL nl
LE GARÇON
Il me semble que c'est son nom.
MARTHON.
Il me l'a dit; je suis dans sa confidence. Avezvous remarqué le portrait?
LE GARÇON
Non ; je n'ai pas pris garde à qui il ressemble.
MARTHON.
Eh bien ! c'est de moi qu'il s'agit . Monsieur Dorante n'est pas ici, et ne reviendra pas sitôt. Vous n'avez qu'à me remettre la boîte; vous le pouvez en toute sûreté; vous lui ferez même plaisir. Vous voyez que je suis au fait.
LE GARÇON
C'est ce qui me paroît. La voilà, mademoiselle. Ayez donc, je vous prie, le soin de la lui rendre quand il sera venu.
MARTHON.
Oh! je n'y manquerai pas.
LE GARÇOÇf. ^^
Il y a encore une bagatelle qu'il doit dessus; mais je tâcherai de repasser tantôt, et s'il n'y étoit pas, vous auriez la bonté d'achever de payer.
Sans difficulté. Allez. ( à part, ) Voici Dorante. {au yarçon.) Retirez-vous vite.
s/p LES FAUSSES CONFIDENCES.
SCÈIS^E VIII.
MARTHON, DORANTte.
M A R T H O N , un moment seule et joyeuse. Ce ne peut être que mon portrait. Le charmant homme ! Monsieur Rémi a raison de dire qu'il y avoit quelque temps qu'il me connoissoit.
DORANTE
Mademoiselle, n'avez -vous pas vu ici quelqu'un qui vient d'arriver? Lubin croit que c'est moi qu'il demande.
MA RTH ON , le regardant avec tendresse.
Que vous êtes aimable, Dorante ! Je serois bien injuste de ne vous pas aimer. Allez, soyez en repos ; l'ouvrier est venu, je lui ai parlé, j'ai la boîte, je la tiens.
DORANTE
J'ignore...
MARTHON.
Point de mystère ; je la tiens, vous dis-je, et je ne m'en fâche pas. Je vous la rendrai quand je l'aurai vue. Retirez-vous : voici madame aven sa mère et le comte ; c'est peut-être de cela qu'ils s'entretiennent. Laissez-moi les calmer là-dessus , et ne les attendez pas.