DORANTE, ARAMINTE, DUBOIS
DUBOIS, sortant et en passant auprès de Dorante, et rapidement. \\ m'est impossible de l'instruire; mais qu'il se découvre ou non, les choses ne peuvent aller que bien.
DORANTE
Je viens, madame, vous demander votre protection; je sais dans le chagrin et dans l'inquiétude : j'ai tout quitté pour avoir l'honneur d'être
26o LES FAUSSES CONFIDENCES,
à vous; je vous suis plus attaché q'ie je n« puis le dire; on ne sauroit vous servir avec plus de fidélité ni de désintéressement; et cependant je ne suis pas sûr de rester! Tout le monde ici m'en veut, me persécute, et conspire pour me faire sortir. J'en suis consterné; je tremble que vous ne cédiez à leur inimitié pour moi , et j'en serois dans la dernière affliction.
A R A M I N T E , d'un ton doux.
Tranquillisez-vous; vous ne dépendezpointde ceux qui vous en vevdent : ils ne vous ont encore fait aucun tort dans mon esprit , et tous leurs petits complots n'aboutiront à rien ; je suis la maîtresse
DORANTE, </'urj air inquiet.
Je n'ai que votre appui, madame.
ARAMINTE
Il ne vous manquera pas ;maisje vous conseille une chose : ne leur paroissez pas si alarmé, vous leur feriez douter de votre capacité, et il leur sembleroit que vous m'auriez beaucoup d'obligation de ce que je vous garde.
DOUANTE.
Ils ne setromperoientpas, madame; c'est une bonté qui me pénètre de reconnoissance.
ARA M IN TE
A la bonne heure; mais il n'est pas nécessaire