ACTE II, SCÈNE XIII
qu'ils le croient. Je vous sais bon gré de votre attachement et de votre fidélité , mais dissimulez-en une partie ; c'est peut-être ce qui les indispose contre vous. Vous leur avez refusé de m'en faire accroire sur le chapitre du procès ; conformezvous à ce qu'ils exigent; regagnez -les par là, je vous le permets : l'événement leur persuadera que vous les avez bien servis ; car toute réflexion faite, je suis déterminée à épouser le comte.
DORANTE, d'un ton ému.
Déterminée , madame !
ARAMINTE
Oui, tout-à-fait résolue : le comte croira que vous y avez contribué; je lui dirai même , et je vous garantis que vous resterez ici; je vous le promets. ( h part. ) Il change de couleur.
DORANTE
Quelle différence pour moi, madame!
A R A M I N T E , d'un air délibéré.
Il n'y en aura aucune : ne vous embarrassez pas, et écrivez le billet que je vais vous dicter; il y a tout ce qu'd faut sur cette table.
DORANTE
Eh! pour qui, madame?
ARA M IN TE
Pour le comte, qui est sorti d'ici extrêmement inquiet, et que je vais surprendre bien agréable-
ment par le petit mot que vous allez lui écrire en mon nom.
( Dorante reste rêveur, et par distraction ne va
pointa la table.) Eh bien! vous n'allez pas à la table? A quoi rêvez-vous?
DORANTE, toujours distrait.
Oui , madame.
ARAMiNTE, (i part, pendant qu'il se place. Il ne sait ce qu'il fait. Voyons si cela continuera.
DORANTE, cherche du papier.
Ah ! Dubois m'a trompé !
ARAMINTE pOUrsuit.
Étes-vous prêt à écrire ?
DORANTE
Madame, je ne trouve point de papier.
ARAMINTE, allant elle-même.
Vous n'en trouvez point ? En voilà devant vous.
DORANTE
Il est vrai.
ARAMINTE
Écrivez. « Hâtez-vous de venir, monsieur; votre « mariage est sûr. » Avez-vous écrit ?
Comment, madame?