‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 17 sur 319 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

« que Testime que vous aurez pour lui excuse « la tendresse dont vous m'honorâtes. »

(^ Après avoir lu, et rendant la lettre. ) Allez, chevalier, avec cette façon de sentirlà, vous n'êtes point à plaindre. Quelle lettre l Autrefois le marquis m'en écrivit une à peu près de même, je croyois qu'il n'y avoit que lui au monde qui en fût capable; vous étiez son ami, et je ne m'en étonne pas.

LE CHEVALIER

Vous savez combien son amitié m'étoit chère.

LA MARQUISE

Il ne la donnoit qu'à ceux qui la méritoient.

LE CHEVALIER

Que cette amitié-là me seroit d'un grand secours, s'il vivoit encore I

LA MARQUISE, pleurant.

Sur ce pied-là , nous l'avons donc perdu tous deux.

LE CHEVALIER

Je crois que je ne lui survivrai pas longtemps.

LA MARQUISE

Non, chevalier ; vivez pour me donner la satisfaction de voir son ami le regretter avec moi ;

3o LA SURPRISE DE L'AMOUR.

à ]a place de son amitié, je vous donne la

mienne.

LE CH EVALIEB.

Je voys la demande de tout mon cœur; elle sera ma ressource : je prendrai la liberté de vous écrire ; vous voudrez bien me répondre , et c'est une espérance consolante que j'emporte en partant.

LA MARQUISE

En vérité, chevalier, je souhaiterois que vous restassiez ; il n'y a qu'avec vous que ma douleur se verroit libre.

LE CHEVALIER

Si je restois, je romprois avec tout le monde, et ne voudroiS voir que vous.

LA MARQUISE

Mais effectivement , faites-vous bien de partir ? Consultez-vous , il me semble qu'il vous sera plus doux d'être moins éloigné d'Angélique.

LE CHEVALIER

11 est vrai que je pourrois vous en parler quelquefois.

LA MARQUISE

Oui : je vous plaindrois du moins , et vous me plaindriez aussi ; cela rend la douleur plus supportable.

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