ACTE II, SCÈNE XIII. 2G
ARAMINTE
Vous ne m'ëcoutez donc pas? « Votre mariage * est sûr; madame veut que je vous l'écrive, et « vous attend pour vous le dire. » ( à part. ) Il souffre , mais il ne dit mot. Est-ce qu'il ne parlera pas? «N'attribuez point cette résolution à la « crainte que madame pourroit avoir des suites « d'un procès douteux. »
DORANTE
Je vous ai assuré que vous le gagneriez, madame : douteux ! il ne l'est point.
ARAMINTE
N'importe, achevez. « Non, monsieur; je suis « chargé de sa part de vous assurer que la seule «justice qu'elle rend à votre mérite la déter- « mine. »
DORANTE
Ciel ! je suis perdu. Mais, madame, vous n'aviez aucune inclination pour lui?.
ARAMINTE
Achevez, vous dis -je. «Qu'elle rend à votre «mérite la détermine. »' Je crois que la main vous tremble ! Vous paroissez changé ! Qu'est-ce que cela signifie? Vous trouvez-vous mal ?
DORANTE
Je ne me trouve pas bien , madame.
ARAMINTE
Qiioi ! si subîteiiiènt ! cela est singulier : pliez la lettre, et mettez: « A monsieur le comte Dorimont. » Vous direz à Dubois qu'il la lui porte. (« part. ) Le cœurme bat! (à Dorante. ) Voilà qui est écrit tout de travers : cette adresse - là n'est presque pas lisible, (à part. ) Il n'y a pas encore là de quoi le convaincre.
DORANTE, à part.
Neseroit-ce point aussi pour m' éprouver? Dubois ne m'a averti de rien.