‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 176 sur 319 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DORANTE, DUBOJS.

Non , vous dis-je; ne perdons point de temps, La lettre est-elle prête ?

DORANTE, la lui montrant.

Oui, la voilà, et j'ai mis dessus: Rue du Figuier.

OLBOIS.

Vous êtes bien assuré que Lubin ne sait pas ce quartier-là ?

DORANTE

Il m'a dit que non.

D UEO 18.

Lui avez-vous bien recommandé de s'adresser à Marthon ou à moi pour savoir ce que c'est?

DORANTE

Sans doute, et je le lui recommanderai encore.

DUBOIS

Allez donc la lui donner : je rne charge du

27/i LES FAUSSES CONFIDENCES.

reste auprès de Marlhon , que je vais trouver.

DORANTE

Je t'avoue que j'hésite un peu. N'allons-nous pas trop vite avec Araminte? Dans l'agitation des mouvements où elle est, veux-tu encore lui donner l'embarras de voir subitement éclater l'aventure ?

DUBOIS

Oh! oui : point de quartier. Il faut l'achever pendant qu'elle est étourdie. Elle ne sait plus ce qu'elle fait. Ne voyez-vous pas bien qu'elle triche avec moi; qu'elle me fait accroire que vous ne lui avez rien dit? Ah! je lui apprendrai à vouloir me souffler mon emploi de confident pour vous ' aimer en fraude.

DORANTE

Que j'ai souffert daps ce dernier entretien ! Puisque tu savois qu'elle vouloit me faire déclarer, que ne m'en avertissois-tu par quelques signes ?

DUBO is.

Cela auroit été joli, ma foi! elle ne s'en seroit point aperçue, n'est-ce pas? Et d'ailleurs votre douleur n'en a paru que plus vraie. Vous repentez-vous de l'effet qu'elle a produit ? Monsieur a souffert! Parbleu! il me semble que cette avenlure-ci mérite un peu d'inquiétude.

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