ACTE m, SCÈNE I
DORANTE
Sais-tu bien ce qui arrivera? Qu'elle prendra son parti, et qu'elle me renverra tout d'un coup.
DUBOIS
Je l'en défie : il est trop tard. L'heure du courage est passée ; il faut qu'elle nous épouse.
DORANTE
Prends-y garde : tu vois que sa mère la fatigue.
DUBOIS
Je serois bien fâché qu'elle la laissât en repos,
Elle est confuse de ce que Marthon m'a surpris à ses genoux.
DUBOIS
Ah! vraiment, des confusions! Elle n'y est pas; elle va en essuyer bien d'autres! C'est moi qui, voyant le train que prenoit la conversation, ai fait venir Marthon une seconde fois.
DORANTE
Araminte pourtant m'a dit que je lui étois insupportable.
DUBOIS
Elle a raison. Voulez-vous qu'elle soit de bonne humeur avec un homme qu'il faut qu'elle aime en dépit d'elle? Cela est-il agréable? Vous vous emparez de son bien, de son cœur ; et celte femme
ne criera pas! Allez vite; plus de raisonnement :
laissez-fvuus conduire.
DORANTE
Songe que je l'aime, et que si notre pre'cipitation réussit mal, tu me désespères.
DUBOIS
Ah! je sais bien qt^eyous l'aimez: c'est à cause de cela que je ne vous écoute pas. Ltes-fvou.S'cn état de juger de rien? Allons, allons, vous vous moquez. Laissez faire un homme de sang froid. Partez ; d'autant plus que voila Marthou qui vient à propos, et que je vais tâcher d'amuser, en attendant que vous envoyiez Lubin.
SCÈÎSE II.
DUBOIS, MARTHON.
M A R T II o N , d'un air triste.
Je te cherchois.
DUBOIS
Qu'y a-t-il pour votre service, mademoisellp?
MA RTHON.
Tu me l'avois bien dit, Dubois.
Dunois.
Quoi donc? Je ne me souviens plus de ce que c'est.