ACTE II!, SCÈNE VI
supposition injurieuse, et tout-à-fait hors d'.œuvre.
M>ne AllGANTE.
Honnête homme,* soit :tlu moins n'a-t-on pas encore de preuve du contraire, et je veux croire qu'il l'est. Pour un impertinent et très impertinent, j'ai dit qu'il en étoit un, et j'ai raison. Vous dites que vous le garderez : vous n'en ferez rien. A « A M 1 N T E , froidemen t.
Il restera , je vous assure.
M™« ARGANTE
Point du tout ; vous ne sauriez. Seriez- vous d'humeur à garder un intendant qui vous aime?
M. REMI
Eh! à qui voulez-vous donc qu'il s'attache? A vous, à qui il n'a pas affaire? '
ARAMINTE
Mais , en effet ,• pourquoi faut-il que mon intendant me haïsse ?
M^»® ARGANTE
Eh! non, point d'équivoque. Quand je vous dis qu'il vous aime, j'entends qu'il est amoureux de vous, en bon français ; qu'il est ce qu'on appelle amoureux; qu'il soupire pour vous; que vous êtes l'objet secret de sa tendresse.
M. REMI
Dorante?
2(jQ LES FAUSSES CONFIDENCES.
ARAMINTE, riant.
L'objet secret de sa tendresse? Oh ! oui, très secret, je pense. Ah, ah ! je ne me croyois pas si dangereuse à voir. Mais, dès que vous devinez de pareils secrets, que ne devinez- vous que tous mes gens sont comme lui? Peut-être qu'ils m'aiment aussi: que sait- on? Monsieur Rémi, vous qui me voyez assez souvent, j'ai envie de deviner que vous m'aimez aussi.
M. REMI
Ma foi, madame, à l'âge de mon neveu, je ne m'en tirerois pas mieux qu'on dit qu'il s'en tire. '
Mme AROANTE.
Ceci n'est pas matière à plaisanterie, ma fille. Il n'est pas question de votre monsieur Rémi; laissons là ce bon homme , et traitons la chose un peu plus sérieusement. Vos gens ne vous font pas peindre, vos gens ne se mettent point à contempler vos portraits, vos gens n'ont point l'air galant, la mine doucereuse.
M. REMI
J'ai laissé passer le bon homme à cause de vous au moins; mais le bon homme est quelquefois brutal.
ARAMINTE
En vérité, ma mère, vous seriez la première à