‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 185 sur 319 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ARAMINTE, madame ARGANTE, M. REMI.

LE COMTE

ARAMINTE

Qu'y a-t-il donc ? On diroit que vous vous querellez?

M. REMI

Nous ne sommes pas fort en paix , et vous venez très à propos, madame : il s'agit de Dorante : avez-vous sujet de vous plaindre de lui?

ARAMINTE

Non, que je sache.

M. REMI

Vous êles-vous aperçue qu'il ait manqué de probité ? ^

ARAMINTE

Lui? Non, vraiment. Je ne le connois que pour un homme très estimable.

M. REMI

Aux discours que madame en tient , ce doit pourtant être un fripon, dont il faut que je vous délivre, et on se passeroit bien du présent que je vousenaifait, et c'est un impertinent qui déplaît à madame, qui déplaît à monsieur, qui parle en qualité d'époux futur; et à cause que je le défends, on veut me persuader que je radote.

î88 LES FAUSSES CQNFinENCES.

A R A M 1 N T E , froidement.

On se jette là dans de grands excès. Je n'y ai .point de part , monsieur. Je suis bien éloignëe de vous traiter si mal , A l'égard de Dorante , la meilleure justification qu'il y ait pour lui, c'est que je le garde. Mais je venois pour savoir une chose, monsieur le comte. Il y a là-bas, m'a-t-on dit , un homme d'affaires que vous avez amené pour moi. On se trompe apparemment ?

LE COMTE

Madame, il est vrai qu'il est venu avec moi ; mais c'est madame Argante...

M'ie X R G A N T E.

Attendez, je vais répondre. Oui, ma fille, c'est moi qui ai prié monsieur de le fa ir-é venir pour remplacer celui que vous avez, et que vOus allez mettre dehors : je suis sûre de mon fait. J'ai laissé dire votre procureur, au reste; mais il a-mplifie.

M. UEMI.

Courage.

M™e ARGANTE, vivement.

Paix; vous avez assez parlé, (à Aram.inte.) Je n'ai point dit que son neveu fût un fripon. Il ne seroit pas impossible qu'il le fut , je n'en serois pas étonnée.

M. REMI

Mauvaise parenthèse, avec votre permission;

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