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ACTE III, SCÈNE X. 3oi

A R A M I N T E , froidement.

Je vous le donne.

MARTBOIS.

Votre intention est-elle que je sorte dès aujourd'hui, madame?

ARA.MINTE.

Comme vous voudrez.

MARTHON.

Cette aventure-ci est bien triste pour moi.

ARAM13ÎTE.

Oh! point d'explication, s'il vous plaît.

M ARTHO N.

Je suis au désespoir.

ARAMiNTp, avec impatience.

Est-ce que vous êtes fâchée de vous en aller? Eh bien! restez, mademoiselle, restez, j'y consens; mais Hnissons.

MARTHON.

Après les bienfaits dont vous m'avez comblée, que ferois-je auprès de vous à présent que je vous suis suspecte, et que j'ai perdu toute votre confianoe ? -

ARAMIWTE.

Mais que voulez- vous que je vous contie? Inventerai-je des secrets pour xoxis les dirtç ?

Ho2 LES FAUSSES CONFIDENCES.

MARTHON.

Il est pourtant vrai que vous me renvoyez, madame : d'où vient ma disgrâce ?

ARA M IN ÏE

Elle est dans votre imagination. Vous me demandez votre congé, je vous le donne.

MARTHON.

Ah ! madame , pourquoi m'avez-vous exposée au malheur de vous déplaire? J'ai persécuté par ignorance l'homme du monde le plus aimable, qui vous aime plus qu'on n'a jamais aimé.

ARAMINTE, rt part.

Hélas !

Marthon.

Et à qui je n'ai rien à reprocher; car il vient de me parler. J'étois son ennemie, et je ne le suis plus. Il m'a tout dit. Il ne m'avoit jamais vue : c'est monsieur Rémi qui m'a trompée , et j'excuse Dorante.

ARAMINTE

A la bonne heure.

MARTHON.

Pourquoi avez-vous eu la cruauté de m' abandonner au hasard d'aimer un homme qui n'est pas fait pour moi, qui est digne de vous, et que j'ai jeté dans une douleur dont je suis pénétrée?

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