ACTE m, SCÈNE IV. 4oi
attendrissant; c'est le coup de hasard le plus singulier, le plus heureux, le plus...
MARIO
Ah! ah! ah! que ton cœur a de caquet, ma sœur! quelle élo(juence!
M. ORGON
Il faut convenir que le régal que tu te donnes est charmant, sur-tout si tu achèves.
SILVIA
Cela vaut fait. Dorante est vaincu; j'attends mon captif.
M A RI p.
Ses fers seront plus dorés qu'il ne pense ; mais je lui crois l'ame en peine , et j'ai pitié de ce qu'il souffre.
SI L VI A
Ce qu'il lui en coûte à se déterminer ne me le rend que plus estimable : il pense qu'il chagrinera son père en m'épousant, il croit trahir sa fortune et sa naissance; voilà de grands sujets de réflexion. Je serai charmée de triompher; mais il faut que j'arrache ma victoire, et non pas qu'il me la donne : je veux un combat entre l'amour et la raison.
MARIO
Et que la raison y périsse?
M. ORGON
C'est-à-dire que tu veux qu'il sente toute l'étendue de l'impertinence qu'il croira faire : quelle insatiable vanité d'araour-propre !
Cela, c'est l'amour-propre d'une femme, et il est tout au plus uni.