ACTE II, SCENE III
M ÉLAN IDE
Mon époux seroit-il de votre couiioissance?
Peut-être. M'est-il pas d'une illustre naissance?
Oui , monsieur; il servoit, il doit être avancé.
THF.ODO.N.
Comment se nommoit-il?
MÉL ANI DE
Le comte d'Ormancé.
TnÉODo.N, avec chagrin.
Ce n'est plus lui.
Qui donc?
THÉODC.N.
Je croyois le connoître.
I.e rapport est entre eux aussi grand qu'il peut l'être : Mais c'est un faux espoir que je vous ai donné.
M ÉLAXIDE.
Que dites-vous?
THÉODON
Celui que j'avois soupçonné, Depuis long-temps éprouve un sort pareil au \ô(re ; lout ressemble, au nom près; mais il en porte un autre.
M ÉLAN I DE
Rien n'est plus étonnant : comment l'appelle-t-oii?
TH ÉODON.
TyC marquis d'Orvigni : le connoissez-vous?
Non.
,48 MÉLANIDE
THÉODON
Il vient souvent ici.
MÉLANIDE
Voilà ce que j'ignore.
THÉODON
Vous auriez pu le voir, vous le pouvez encore.
MÉLANIDE
OÙ donc?
chez Dorisée : il n'y fait que d'entrer. Comment avez-vous pu ne le pas rencontrer?
MÉLANIDE
Je disparois toujours dès quil vient des visites ; Et je n'ai jamais vu celui que vous me dites.
THÉODON
Il faut chercher ailleurs. Je vous promets du moins Que je n'épargnerai ni mes pas ni mes soins.
MÉLANIDE
Quel embarras pour vous !
THÉODON
Je m'en charge avec joie; Et je vais dès ce jour me mettre sur la voie.
MÉLANIDE
On ne sait point ici ma situation.
J"ai craint de me livrer à leur discrétion.
THÉODON
Quoi! vous n'avez jamais appris à Dorisée La cause de vos pleurs?
Non , je l'ai déguisée :