ACTE I, SCENK IV
A R GANT
OÙ peut-elle avoir pris une idée aussi creuse?
SOPHIE, en montrant Constance.
Sur tout ce que je vois.
Elle se dit heureuse. sopniE.
Constance! Heureuse, elle?
CONSTANCE, avec vivacité.
Oui, madame, je le suis.
SOPHIE, avec vivacité.
Non , VOUS ne l'êtes pas.
CONSTANCE
Madame, je vous dis...
SOPHIE
Avec tant de douceur, de charmes et de grâces , Deviez-vous eprouver'dé pareilles disgrâces? .
Elle a dit mon seci-ëï, je vâîs Jîre le sien. '
Qui croire des deux ?
SOPHIE
Moi.
ARGANT
Je n'y connois plus rien.
CONSTANCE
Me suis-je jamais plainte?
SOPHIE
En rien, et je vous blâme.
CONSTANCE
M'avez-vous jamais vue...?
i8 LE PRÉJUGÉ A LA MODE.
SOl'HIE.
Oui, malgré vous, madame , J'ai vu... j'ai reconnu les traces de vos pleurs ; Au fond de votre cœur j'ai surpris vos douleurs: Mais, que dis-je?j'y vois, malgré sa violence. Le désespoir réduit à garder le silence.
L'une se dit heureuse, et l'autre la dément: Celle-ci ne veut pas épouser son amant ; Constance... Mais qui diajjle y pourroit rien comprendre? Eu attendant, je sais le parti qu'il faut prendre. Vous m'avez entendu, madame, lieui'euse ou non. Quanta vous, je m'en vais remercier Damon... Mesdames, à votre aise; il ne faut point se rendre: Ferme, continuez à ne vous pas entendre.
( Il sort. )