‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 110 sur 295 · DORISÉE, ROSALIE, THÉODON, MÉLANIDE · texte numérisé non relu

DORISÉE, ROSALIE, THÉODON, MÉLANIDE

DORISÉE, à Rosalie.

On a sur un amant un pouvoir absolu : Il auroit obéi, si vous l'eussiez voulu.

ROSALIE

Madame, ce reproche a de quoi me surprendre

DORISÉE, à Mélanide.

D'Arviane nous reste, on vient de me l'apprendre: Je pense qu'il est bon de vous en avertir.

i5a MELANIDE.

MÉLANIDE

Il me semble pourtant qu'il s'apprête à partir.

DORISÉE.

J'ai su qu'il ne pouvoit se résoudre à l'absence, Et que, pour vous cacher sa désobéissance, 11 doit se retirer chez un de ses amis.

Je croyois qu'à mon ordre il serbit plus soumis.

DORISÉE, regardant Rosalie.

Aux volontés d'une autre il auroit pu se rendre; Ou as oit des moyens qu'on n'a pas voulu prendre : La raison m'en paroit aisée à pénétrer. Mais laissons ces détails, je n'y veux pas entrer.

ROSALIE

Trop de prévention peut-être vous abuse.

DORISÉE.

La prompte obéissance est la meilleure excuse;

C'est la seule, en un mot, que je puisse adopter.

Ainsi, mademoiselle, il vous plaira d'opter:

Le cloître est d'un côté, de l'autre l'hyménée.

Vous-même décidez de votre destinée;

Acceptez dès ce jour un époux de ma main ,

Ou déterminez-vous à partir dès demain.

On vous olFre un bonheur que vous n'osiez prétendre;

Le marquis dOrvigni vient de me faire entendre

Qu'il veut bien partager sa fortune avec vous.

C'est le plus tendre amant qui vous offre un époux.

MÉLANIDE, à part.

O ciel ! quel coup de foudre !

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