ACTE III, SCENE II. i
Qui ne fait à nos cœurs courir aucun hasard.
d'aB VI AN E.
Ce n'est pas là le prix «J'une tendresse extrême. Je cherchois de l'amour... Depuis que je vous aime Et que vous le souffrez...
ROSALIE
Pouvois-je l'empêcher?
Je n'ai pu parvenir encore à vous toucher.
ROSALIE
Je m'en rapporte à vous.
d'aRVI ANE.
Que d'amour inutile, Si l'estime insipide et l'amitié stérile Sont les seuls sentiments qui soient connus de vous! Je comptois vous en voir partager de plus doux.
ROSALIE
Ceux que vous m'inspirez auroient dû vous suffire.
d'aRVI ANE.
Non, je ne vous crois pas, puisqu'il faut vous le dire. Je tiens depuis long-temps ce secret renfermé : Ou vous n'aimez qu'à plaire, ou vous m'avez aimé. Vous riez?
ROSALIE
C'est répondre.
Employez l'ironie :
Elle a dans votre bouche une grâce infinie.
ROSALIE
Mais vous qui m'accusez, dites-moi donc comment
i58 MELANIDE.
On parvient à pouvoir éconduire un amant. Pour se débarrasser d'une vaine poursuite, Voulez-vous qu'une femme ait recours à la fuite? Ou faut-il qu'elle en fasse une affaire d'état, Qu'elle porte en tous lieux sa plainte avec éclat? Eu vérité, monsieur, ce n'est pas trop l'usage. Entre nous, le parti que je crois le plus sage Est de fermer les yeux, de supporter en paix Le fléau (}ui s'attache à ses foibles attraits.
d'à R VI ANE.
Avec quelle malice elle se justifie!
La cruelle me brave encore et me défie !
C'est un peu trop long-temps s'être laissé trahir :
Pour ne vous plus aimer, il faudra vous haïr.
Oui, je vous haïrai , je vous le certifie;
C'est l'unique moyen de me sauver la vie.
nos A HE.
Il ne falloit donc pas vous y prendre si tard.
C'est la haine à présent qui hâte mon départ: Je m'en fais un plaisir, une joie infinie; Je neseusplus ma flamme, elle est évanouie. Recevez les adieux les plus déterminés.
n OSA LIE.
Eh bien ! je les reçois.
Vous vous imaginez Que je viendrai bientôt vous prier de reprendre Un cœur qui fut toujours si soumis et si tendre?