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ACTE III SCENE IV. i6i

THÉODON

Vous VOUS rendez justice. En tout cas, il me semble Qu'on devroit, en s'aimant , un peu mieux vivre ensemble.

d'arviane. •

Sans dente. Est-ce ma faute, et peul-on nie blâmer? Je ne sais qu'ad(>rer; c'est ma façon d'aimer. INIais où trouver un coeur capable d'y répondre? Le choix que j'avois fait a de quoi me confondre.

THÉODO.\, à Bosalie.

Ne répliquez-vous rien ?

d'arviane.

J'ose l'en défier.

ROSALIE

Moi, monsieur! je n'ai point à me justifier.

THÉODON

C'est la ré{;le entre amants : l'un se plaint, l'autre nie. La querelle s'embrouille, et devient infinie.

ROSALIE, à Théodon. Pourquoi dans ce procès vouloir m'embarrasser ?

[en montrant dArvianc. ) Ce doit être à monsieur qu'il faut vous adresser.

THÉO DON, à d'Arviane.

On me renvoie à vous.

Non , non ; qu'elle poursuive :

J'ai bien pris mon parti. Si jamais il m'arrive D'avoir le moindre amour, je veux bien en mourir.

THÉODON, à Rosalie.

Vous en dites autant; et, sans plus discourir,

i62 MÉLANIDE.

Je vois bien qu'entre vous l'affaire est décidée.

J'en suis fâché pourtant, j'avois eu quelque idée.

Et qui? vous?

THÉO DON

Il n'est plus besoin de s'expliquer.

Ahl vous pouvez toujours nous la communiquer.

TH ÉODON.

Ma loi , sur l'apparence est bien fou qui se fonde. Oui, j'aurois parié, mais toute chose au monde. Que depuis très long-temps les plus tendres amours Unissoient vos deux cœurs.

Eh ! supposez toujours.

THÉODON

La supposition me paroît un peu forte.

(à Rosalie.) N'en couvenez-vous pas?

Ros a lie.

Sans doute: mais n'importe; Vous pouvez contenter sa curiosité.

Quel étoit ce dessein?

TH éodon.

Mon projet eût été De vous unir tous deux par un bon mariage.

( à pai't. ) J'assurois tout mon bien... Us changent de visage!

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