‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 122 sur 295 · I. Ë MARQUIS · texte numérisé non relu

I. Ë MARQUIS

Éclatez sans contrainte; De reproches sans nombre accahiez-moi sans crainte : Les plus sanglants de tous sont ceux que je me fais.

T II É o D o N .

Eh ! croyez-vous par là vos devoirs satisfaits?

LE MARQUIS

Ma ressource est du moins d'être plus excusable.

THÉODON

Ah ciel ! cette ressource indigne et méprisable N'est pas faite pour vous. Malheur à qui s'en sert! Hélas! presque toujours c'est elle qui nous perd. Sans faire un seul effort, vous vous lais-.ez abattre? De peur de triompher, vous n'oseriez combattre?

LE MARQUIS

Mes efforts pourroient bien devenir superflus.

THÉO DO X

Ah ! vous devez sentir qu'il en coûte bien plus A trahir son devoir qu'à vaincre sa foiblesse.

LE MARQUIS

Vous n'avez ni mon cœur ni le trait qui le blesse.

170 MÉLANIDE

THÉODON

Non , mais j'ai , comme ami , votre gloire à sauver : C'est un bien assez cher pour vous le conserver. Étouffez un amour qui n'est plus légitime ; Le penchant doit finir où commence le crime.

LE AIARQUIS.

Le crime, dites- vous?

THÉODON

Le mot m'est échappé:

Je ne m'en dédis point, quoiqu'il vous ait frappé. Je vois quelles raisons votre amour vous prépare; Vous allez m'alléguer qu'un arrêt vous sépare. Pouvez-vous à présent revendiquer des lois Que vous ne trouviez pas si justes autrefois? Soyez vrai, j'interroge ici votre droiture, Vous êtes-vous cru libre après cette rupture? Pourquoi donc Mélanide a-t-elle si long-temps Kourri dans votre sein les feux les plus constants? Vous n'aurez donc été fidèle qu'à son ombre? Quoi! sitôt qu'elle sort de la nuit la plus sombre, Vous objectez l'arrêt qui vous a séparés? Ce n'est plus lui, c'est vous qui la déshonorez. Quel prix réservez- vous à l'amour le plus tendre! Quelle horreur sur vos jours est prête à se répandre! Vous n'aurez donc été qu'un lâche suborneur !

LE MARQUIS

Cet amour excessif, qui maîuise mon cœur, N'a jamais dans le vôtre altéré la sagesse : On censure aisément quand on est sans foiblesse. Souvenez-vous du moins, si je me suis rendu,

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