ACTE IV, SCENE ï
Vous aurez contre lui des traits victorieux. Quelque enchanté qu'il soit, paroissez à ses yeux; Par un charme plus fort on en détruit un autre.
Et sur quoi fondez-vous mon espoir et le vôtre? Sur de foibles appas, que le temps et les pleurs...
THÉODON
Madame, comptez mieux sur vous-même. D'ailleurs, On s'embellit encore en voyant ce qu'on aime. Vous n'imaginez pas quelle puissance extrême Ont les pleurs d'un objet qu'on a trouvé charmant.
MÉLANl HE.
Quand on les fait répandre, on les brave aisément.
Ne perdons point de temps, venez-y tout-à-l'heure.
:\l EL A N I DE.
Si je tombe à ses pietis, il faudra que j'y meure.
TH ÉOUON.
Espérez que son cœur ne résistera pas.
11 faut que votre fils accompagne vos pas;
Qu'il joigne à vos attraits sa jeunesse et ses charmes.
Madame, ils donneront plus de force à vos larmes;
Vous porterez tous deux d'inévitables coups.
Je vous seconderai. Nous vous aiderons tous.
Je ne balance plus. Puissent, sous vos auspices, La nature et l'amour nous devenir propices ! Vous guiderez mes pas. J'irai dès aujourd'hui; J'y conduirai mon fils : je n'espère qu'en lui.
i8o MELANIDE.