‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 127 sur 295 · ACTE IV, SCEiSE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCEiSE I

Ainsi (Jonc Rosalie accepteroit mon bien!

C'est ce qui me surprend, et j"a|)prLMiende bien Que de tant de fjiandeurs la brillante chimère N'ait ébloui la fille aussi bien que la mère. Rosalie est d'ailleurs contrainte d'obéir; Elle n'a pas le choix.

M EL A NI D E

Tout sert à nie trahir.

Ah , monsieur ! vous voyez qrfen cet état funeste La pitié que j'inspire est tout ce qui me reste. Ai-je épuisé la vôtre? Il me seroit affreu.f...

THÉO DON

Elle suit vos malheurs, et redouble avec eux.

MÉ LAN IDE

Et me permettez-vous d'en abuser encore?

Ah ! votre confiance et m'oblijife et m'honore; Disposez de mou zèle.

MÊLA XI DE

Auprès de mon époux Daignez donc l'employer, portez les derniers coups. Faites-lui bien sentir que, s'il me sacrifie, Mes pleurs seront autant de taches sur sa vie; Que le bien qu'il reprend est un vol qu'il me fait. Des plus vives couleurs peignez-lui son forfait : Dites-lui qu'en m'ôtant ma gloire il perd la sienne, Que sa honte sera plus grande que la mienne; Et qu'il est, quel que soit l'excès de mes doulturs,

178 MÉLANIDE

Plus affi-eux d'être en proie aux remords qu'aux malheurs.

Mais non. Ne vous servez que des plus douces armes;

Jusqu'au fond de son cœur faites couler mes larmes;

Hélas ! ne lui portez que des gémissements,

Que de tendres douleurs et des embrassements.

Renouvelez-lui Lien la foi que je lui donne

De lui garder toujours ce cœur qu'il ab.indonne,

Ce cœur qui lui parut un don si précieux :

Cet heureux temps n'est plus. Mais, monsieur, faites mieux,

Parlez-lui de son fds ; il sauvera sa mère.

Qui peut mieux resserrer une chaîne si chère?

Qu'il regarde en pitié le fruit de son amour,

Quoique ce soit de moi qu'il ait reçu le jour.

Dans ce gage innocent de sa tendresse extrême

.le le conjure, hélas! de ne voir que lui-même.

Mon sort sera trop doux, si, pour prix de mes pleurs.

Il daigne sur son tils réparer mes malheurs.

T II É o D o N .

Mais voudra-t-il m'entendre? On fuit ceux qu'où redoute. Il a lieu de me craindre ; il me fuira sans doute. Et contre lui tantôt n'ai-je pas éclaté? J'espérois son retour; il m'en avoit flatté.

M EL AMD E.

Toute ressource enfin seroit-elle épuisée? Si j'allois me jeter aux pieds de Dorisée, L'aveu de mon état seroit-il indiscret?

THÉODON

C'est lui dire un peu tard ce malheureux secret.

Pourquoi ne pas aller, dans ce péril extrême,

A l'auteur de vos maux, au marquis, à lui-même?

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