‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 135 sur 295 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

d'à n VI A NE.

Son époux est donc mort?

MÊLA M DE

Il ne vit plus pour elle.

Il ne vit plus pour elle ! F.h quoi ! cet inhumain , En nous restituant son cœur avec sa main, Pourroit venger l'hymen, l'amour et la nature, Et n'a pas fait cesser cette indigne rupture?

MÉl ANl D E.

Son cœur, par un amour impossible à dompter, Involontairement s'est laissé surmonter.

Devois-je naître? Ah ciel! tu m'as choisi mon père Dans un jour nialhouieux de haine et de colère. Daignez me le nommer; je veut dès aujourd'hui Suivre par-tout ses pas et m'attacher à lui; J'irai lui reprocher ma honte et son parjure.

M ÉLA MDE.

Ne sachez rien de plus.

Ah! je vous en conjure.

MÉLAKIDE.

Je ne puis.

d'à R VI ANE.

Et pour(|uoi ne voulez-vous donc pas Que j'aille de sa main recevoir le trépas? Est-ce pour ni'accabler cju'il m'a donné la vie? C'est un fardeau pour moi de honte et d'infamie.

i88 MÉLANIDE.

MÉLAMDE.

Vous me faites trembler.

Ne me refusez plus.

MÉLANIDE

Vous ferez près de moi des efforts superflus. L'état où je vous vois a trop de violence : L'épouvante et l'effroi m'imposent le silence.

d'aR VIANE.

Pourquoi veux-je savoi^- ce secret accablant. Puisqu'on ne peut venger un affront si sanglant? Me refuserez-vous aussi , dans ma misère, La grâce et la douceur de connoitre ma mère?

MÉLANIDE

Hélas!

Vous soupirez! En suis-je abandonné?

Désavoué, sans doute! En dois-je être étonné? Je me rends la ju'^tice affreuse qui m'est due; Le sein qui m'a conçu doit frémir à ma vue : C'est pour elle un sn|)[)lice, elle a droit de me fuir; Ma vie est son opprobre, elle doit me haïr. v

MÉLANIDE

Elle ne vous hait point; croyez qu'elle vous aime, Quelle gémit sur vous, plus que sur elle-même.

Ne refusez donc plus à mes cmpressemenls Le bonheur de jouir do s«s embrassements : Qu'au moins, dans nos malheurs, notre amour nous rassemble; Nous les adoucirons, en les pleurant ensemble.

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