‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 152 sur 295 · D O L I G .\ I FILS · texte numérisé non relu

D O L I G .\ I FILS

Comment puis-je en effet balancer ou détruire

Tant d'avantagCN vrais ou faux?

Mon maîlieureux amour m'éclaire.

Il ne faut que cbercber à plaire

Pour connoître tous ses défauts.

Pent-être à tort je la soupçonne;

Mais pour une jeune personne L'hommaye du marcpiis est bien éblouissant.

Plaise à l'amour que je m'abuse!

noSETTE.

Il est vrai que l'on nous accuse

D'apporter toutes en naissant Ce malheureux levain de la coquetterie.

Et ce goût effréné pour la galanterie.

Nous pourrions à bon titre en dire autant de vous. Mais, sans récriminer, croyez que parmi nous Il est encordes cœurs dignes d'un honnête homme.'

D'ailleurs, eu vains soupçons votre espritse consomme,

Le marquis choisit mieux.

DOLIGM FILS.

Eh ! jieut-il mieux choisir?

Mai-ianue est sans doute extrêmement aimahle ; La bouté de son cœur la rend inestimable; C'est un trésor : heureux qui pourra s'en saisir! Mais enfin , par vous seul en silence adorée,

Marianne est presque ignorée; On ne la connoît point à la ville, à la cour : Et les gens du bel air ne rendent point les ai'mes . Si la célébrité n'est jointe avec les charmes: Chez eux la gloire a pris la place de l'amour. Tel est ce cher marquis d'impression nouvelle: Un des plus grands travers qui troublent sa cervelle, C'est qu'aucune beauté ne sauroit le tenter Qu'au'ant qu'elle est de mode, et qu'il voit autour d'elle La cour la plus brillante. Il aime à supplanter. Plus le concours est grand, plus il la trouve belle. Aussi, pour parvenir jusqu'au suprême honneur De l'avoir sur son compte, il n'est rien qu'il n'emploie. En un mot, ce qui fait sa gloire et son bonheur, C'est l'opprobre éclatant dont il couvre sa proie, Et la rage qu'il porte au sein de ses rivaux: Voilà le seul exploit digne de ses travaux.

DOUGNI FILS.

Quel travers ! car il a de l'esprit, ce me semble.

ROSETTE

L'esprit et le bon sens vont rarement ensemble.

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