ACTE I, SCENE III. 2i
DOUGNI FILS.
Tout ce que tu me dis ne me rassure pas.
ROSETTE
Parlez-lui donc vous-même, il tourne ici ses pas.
LE MARQUIS, DOLIGM fils, ROSETTE.
LE MARQUIS
Eh! bonjour, Doligni... parbleu, que je t'embrasse 1
ROSETTE, à part.
Ces embrassades-là sont aussi du bel air.
LE MARQUIS
Qu'est-ce donc? mon abord te troulde! il t'embarrasse.
( regardant Rosette. ) J'en vois la cause. Allons, rassure-toi, mon cher; Je fais profession d'être un rival commode:
Avant qu'il soit peu, dans Paris
Je veux eu amener la mode, Et mettre les amants sur le pied des maris. . Elle n'est pas si mal au moins!
DOLIGM FILS.
Cesse de rire.
Je parlois à Rosette.
LE MARQUIS
Un honnête homme aiua Toujours quelque chose à lui dire.
DOLIGM FILS.
Il faut te l'avouer.
2i4 L'ÉCOLE DES MÈRES.
Tout comme il te plaira.
( Rosette hausse l'épaule. ) Tiens, Rosette rougit; elle te fait un signe.
ROSETTE
Notre entretien rouloit sur un sujet plus digne.
DOLIGM FILS.
C'étoit sur Marianne.
LE MARQUIS
Ah ! tu fais le discret.
Quand ou est tête à tête avec elle en secret, Il est bien malaisé de lui parler d'une autre; Il n'est personne alors qu'on ne doive oublier.
ROSETTE
Point de panégyrique, ou je ferai le vôtre.
Ne cherchons point tous deux à nous humilier;
Trêve entre nous de gentillesse.
Si madame vous croit un être si parfait, Eh bien ! à la bonne heure ; elle est fort la maîtresse': Elle peut vous gâter comme elle a toujours fait. Mais comme je n'ai pas la même ivresse qu'elle. Je pourrois m'égayer aux dépens des railleurs : Ainsi, monsieur, cherchez vos passe-temps ailleurs-.
LE MARQUIS
Quand Rosette se fâche elle est encor plus belle.
ROSETTE
Finissez mon éloge , et me laissez en paix.
LE MARQUIS
Puisque tu fais semblant de le trouver mauvais. Je ne pousserai pas à bout ta modestie.