ACTE II, SGÈNli I
nOSETTE.
Ve n'est que depuis peu que son humeur varie, Qu'il a des volontés, et qu'il vous contrarie.
Il lui sied bien , en vérité !
Il taudroit arrêter cette ténacrité...
Mais vous auriez la paix si, pour le satisfaire
(Aux dépens du marquis, s'entend), Vous vouliez retirer, ainsi qu'il le prétend, Votre fille du cloître.
Mme An G A NT. .
Il est vrai.
i ROSETTE.
Pourquoi faire? Pour priver le marquis tie la moitié du bien?
Mme ARGANT.
Et m'empécher par là de faire un mariage
Où je vois j)our mon fils le plus jjraiid avantage
ROSETTE
Affaire de ménage, où l'homme n'entend rien. Votre dessein n'est pas de l'en laisser le maître?
Mme ARGANT.
Non vraiment; si cela peut être.
Je prétends que mon fils ait un brillant état. Je veux, par les grands biens qui sont en ma puissance . Suppléer au défaut d'une illustre naissance, y Et que dans le grand monde il vive avec éclat. '
ROSETTE
Rien n'est plus naturel qu'un si grand sacrifice. Ce projet vous est cher; vous l'avez résolu:
Il faut bien, à son tour, que monsieur obéisse. Vous n'avez que trop fait tout ce qu'il a voulu ; Il en contracleroit l'habitude importune. C'est bien assez d'avoir reçu dans la maison Cette nièce orpheline et presque sans fortune, Qu'il vous fit accueillir, par la seule raison
{à part.) Qu'elle porte son nom. Notez, par apostille. Qu'elle reçoit sa nièce, et refuse sa fille.
Mme ARGANT.
Que dis-tu?
Que c'est vous montref La tante la meilleure et la plus généreuse Qu'on puisse jamais rencontrer.
Mme ARGANT.
Voilà mon fils.
ROSETTE
Déjà! L'aventure est heureuse!
Mme ARGANT.
Qu'il est mis agréablement!