SCÈNE VIII
M. UOLIGNl, M. Ail GANT.
M. DOLIGNf.
Vous voilà (le retour! On vient de me l'apprendre • Aussitôt l'amitié vers vous m'a fait voler. Vous avez du chagrin, je pense ^
Ma femme...
.M. DOLIG.M.
Eh hien, quoi donc?
M. ARGANT
vient de me désoler,
M. nOLlGM.
Sitôt?
M. ARGANT
J'arrive à peine, après deax mois d'absence...
M. DOLIGXI.
C'est pour se remettre au courant, l'uis-je vous consoler?
M. ARGANT
Non.
M. DOLIGM.
Pourquoi , je vous prie?
Vous me revoyez donc d'un œil bien différent?
M. ARGANT
Mon amitié pour vous ne s'est point affoiblie.
Puis-je me consoler, quand moi-même je crains
De vous plonger bientôt dans les plus grands chagrîr.*?
M. DOLIGXI.
Je n'en prends jamais pour mon compte.
Je n'ai que ceux de mes amis.
Ma femme, et j'en rougis de honte, Me veut faire manquer à ce que j'ai promis. Eprise pour son fils d'une amitié trop tendre. Elle pense à lui seul, et ne veut point de gendre.
M. DCLIGM.
Je le savois déjà. Je vous dirai de plus
Que je vous rends votre promesse.
M. ARGANT
Vous crovez que ma femme en sera la maîtresse?
M. DOLIG.M.
N'ayez point là-dessus de débats superflus.
Far une autre raison qui n'est pas moins contraire.
Ce mariage-là n'auroit pas pu se faire.
Mon fils, à ce sujet, implore ma pitié:
Il aime éperdument une jeune personne,
Digne de sa tendresse et de mon amitié.
M. ARGANT
Il a donc votre aveu?
M. DOLlG.Vr.
Mais oui, je le lui donne.
Hélas !
M. DOLIGXI.
Son choix fera mou bonheur et le sien .
M. ARGAXT.
J'espérois pour ma fille une chaîne si belle.