SCÈNE IV
LE MARQUIS, M. AP.GANT , madame AUGANT, MARIANNE.
LE .MARQUIS
Mais, madame, à propos, suivant toute apparence, Mou mariage projeté Pourroit ce soir être arrêté.
Mlle A R G A .N T.
J'en ai du moins quelque espérance.
LE M A r. y u 1 s.
J'en ai reçu vinsjt compliments :
Et nous ne songeons pas aux présents qu'il faut faire. Ne trouveriez-vous pas qu'il seroit nécessaire
D'aller chez l'Empereur choisir des diamants? II convient d'envoyer demain les pierreries : (;'est l'ordre; et l'on ne peut, quand on est régulier,
Manquer à ces galanteries.
Mme A ne A NT.
Il est vrai : j'allois l'oublier.
Vous avez bien raison; c'est penser à merveille.
M. ARC A NT
Il mérite toujours des éloges nouveau.x.
LE MARQUIS
Je viens de commander que l'on mît vos chevaux.
M. ARGANT
Doucement; j'ai deux mots à vous dire à l'oreille, Ars'ant, vous avez nue soeur.
■î-jG L'ÉCOLE DES MÈRES.
(nu marquis.) Est-ce là sou affaire? Allez, je vais vous suivre.
M. ARGANT
Avec elle, avec vous, je me flattois de vivre; Je comptois y passer des jours pleins de douceur, Et mourir satisfait de son soi t et du vôtre. Elle a part, comme vous, à ma tendre amitié;
iJe ne sais point aimer l'un aux dépens de l'autre; Vous partagez tous deux mon cœur par la moitié : L'égalité devroit régner dans tout le reste. Souffnrez-vous qu'elle ait un destin si funeste? Parlez. Mes sentiments vous sont assez connus. Parlez donc; qu'entre nous votre bouche prononce. Au fond de votre cœur cherchez votre réponse, Et non pas dans des yeux un peu trop prévenus.
LE MARQUIS
C'est à vous l'un et l'autre à régler sa fortune. Je ne sais point blâmer la générosité.
M. ARC A. NT
La générosité! Mais ce n'eu est point une : Ce que j'exige ici n'est que de l'équité.
LE MARQUIS
De ces distinctions je vous laisse le maître.
Quant à moi, j'ai, monsieur, un trop profond respect
Pour donner des avis à ceux qui m'ont fait naître.
M. ARGAXT.
Tant de ménagement vous rend un peu suspect.
LE MARQUIS
Ce n'est pas qu'une sœur, que je n'ai jamuis vue.