E MARQUIS
J'ai craint Pour quelques diamants, qui du moins à ma vue Paroissent en danger. Pour ne rien hasarder, J'envoie en Faire la revue.
I 11 s'en perd bien souvent, faute d'y regarder.
I Mme ARGANT.
; C'est bien fait. Ce présent n'est-rl pas fort honnête?
LE MARQUIS
Honnête! ah! pour le moins; et j'en suis très content.
M^ne ARGANT.
Je brille de le voir orner votre conquête. Votre père obstiné m'embarrasse pourtant : Il paioît opposer la même résistance.
En vain j'ai de s'a nièce employé l'assistance.
,9o L'ÉCOLE DES MÈRES.
Ce refus me paroit d'autant plus surprenant Qu'elle a sur mon époux un empire étonnant, Et que pour ainsi dire elle en est adorée. Vous souriez?
LE MARQUIS
Qui? moi?
Mme ARGAXT.
Peut-on savoir pourquoi?
LE MARQUIS
Ce n'est rien.
M">e ARGANT.
Tlne mère aussi tendre que moi De votre confiance a droit d'être honorée. De grâce, dites-moi...
LE MARQUtS.
Daignez me dispenser...
Mme ARGANT.
Non; vous m'inquiétez. Plus vous voulez vous taire,
Plus vous me donnez à penser; Je veux absolument entrer dans ce mystère.
LE MARQUIS
Il ne falloit pas moins que cet ordre absolu
Pour VOU.S sai:rifier toute ma répugnance.
Si je me détermine à rompre le silence,
Daignez vous souvenir que vous l'avez voulu.
Mais cependant, madame, il faudroit me promettre.
Mme ARGANT.
Hé quoi ?
LE MARQUIS
De ne me point commettre.