‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 204 sur 295 · E MARQUIS · texte numérisé non relu

E MARQUIS

J'ai craint Pour quelques diamants, qui du moins à ma vue Paroissent en danger. Pour ne rien hasarder, J'envoie en Faire la revue.

I 11 s'en perd bien souvent, faute d'y regarder.

I Mme ARGANT.

; C'est bien fait. Ce présent n'est-rl pas fort honnête?

LE MARQUIS

Honnête! ah! pour le moins; et j'en suis très content.

M^ne ARGANT.

Je brille de le voir orner votre conquête. Votre père obstiné m'embarrasse pourtant : Il paioît opposer la même résistance.

En vain j'ai de s'a nièce employé l'assistance.

,9o L'ÉCOLE DES MÈRES.

Ce refus me paroit d'autant plus surprenant Qu'elle a sur mon époux un empire étonnant, Et que pour ainsi dire elle en est adorée. Vous souriez?

LE MARQUIS

Qui? moi?

Mme ARGAXT.

Peut-on savoir pourquoi?

LE MARQUIS

Ce n'est rien.

M">e ARGANT.

Tlne mère aussi tendre que moi De votre confiance a droit d'être honorée. De grâce, dites-moi...

LE MARQUtS.

Daignez me dispenser...

Mme ARGANT.

Non; vous m'inquiétez. Plus vous voulez vous taire,

Plus vous me donnez à penser; Je veux absolument entrer dans ce mystère.

LE MARQUIS

Il ne falloit pas moins que cet ordre absolu

Pour VOU.S sai:rifier toute ma répugnance.

Si je me détermine à rompre le silence,

Daignez vous souvenir que vous l'avez voulu.

Mais cependant, madame, il faudroit me promettre.

Mme ARGANT.

Hé quoi ?

LE MARQUIS

De ne me point commettre.

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