‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 205 sur 295 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

Mme ARGANT.

Je m'en garderai bien.

LE MARQUIS

J'ose VOUS en prier.

D'ailleurs, quoi qu'il en soit de cette confidence, Croyez que je n'en tire aucune coiisé(juence. Le tait en question est assez singulier. Marianne , entre nous , vous est-elle connue? Oui, lorsque avec mon père elle est ici venue, Saviez-vous, comme un fait bien sûr et bien constant,

Qu'il existoit encore en France

Une autre demoiselle Argant?

M"ie ARGANT.

Sans doute.

LE MARQPIS.

En aviez-vous une entière assurance?

Mme ARGANT.

Mon mari le disoit.

LE MARQUIS

J'entends.

Mme ARGANT.

Oui, je crois dans mon jeune temps Avoir ouï parler du père et de I.1 tille : D'ailleui-s , nous habitions des lieux trop différents Pour être bien au fait du sort de vos parents. Je n'ai pas autrement connu votre famille.

LE MARQUIS

11 y paroît.

Mme ARGANT.

En Cjuoi?

LE MARQUIS

Sur-tout point de courroux?

Mme ARGAXT.

Je n'entends rien à ce mystère.

LE MARQUIS

Ni moi non plus. Mais, entre nous, Marianne n'est point la nièce de mon père.

Mme ARGANT.

Elle ne seroit point sa nièce?

LE MARQUIS

Eh ! vraiment non :

Et j'ignore à quel titre elle en a pris le nom.

Mme ARGAXT.

Ah ! quelle découverte !

LE MARQUIS, à pâli.

Il l'entend à merveille!

Mme ARGANT.

Mais avant que d'aller plus loin.

Qui peut vous avoir fait une histoire pareille? D'où la sait-on? Comment? Quel en est le témoin?

LE MARQUIS

Un ancien valet de feu votre beau-frère, En buvant chez le suisse, a fort iniiocemment Révélé tout ce beau mystère.

Il convient qu'effectivement Son maître eut une fille unique.

Qu'on nommoit Marianne.

Mme ARGANT.

Après?

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