ACTE IV, SCENE II
Mme ARGANT.
Je m'en garderai bien.
LE MARQUIS
J'ose VOUS en prier.
D'ailleurs, quoi qu'il en soit de cette confidence, Croyez que je n'en tire aucune coiisé(juence. Le tait en question est assez singulier. Marianne , entre nous , vous est-elle connue? Oui, lorsque avec mon père elle est ici venue, Saviez-vous, comme un fait bien sûr et bien constant,
Qu'il existoit encore en France
Une autre demoiselle Argant?
M"ie ARGANT.
Sans doute.
LE MARQPIS.
En aviez-vous une entière assurance?
Mme ARGANT.
Mon mari le disoit.
LE MARQUIS
J'entends.
Mme ARGANT.
Oui, je crois dans mon jeune temps Avoir ouï parler du père et de I.1 tille : D'ailleui-s , nous habitions des lieux trop différents Pour être bien au fait du sort de vos parents. Je n'ai pas autrement connu votre famille.
LE MARQUIS
11 y paroît.
Mme ARGANT.
En Cjuoi?
LE MARQUIS
Sur-tout point de courroux?
Mme ARGAXT.
Je n'entends rien à ce mystère.
LE MARQUIS
Ni moi non plus. Mais, entre nous, Marianne n'est point la nièce de mon père.
Mme ARGANT.
Elle ne seroit point sa nièce?
LE MARQUIS
Eh ! vraiment non :
Et j'ignore à quel titre elle en a pris le nom.
Mme ARGAXT.
Ah ! quelle découverte !
LE MARQUIS, à pâli.
Il l'entend à merveille!
Mme ARGANT.
Mais avant que d'aller plus loin.
Qui peut vous avoir fait une histoire pareille? D'où la sait-on? Comment? Quel en est le témoin?
LE MARQUIS
Un ancien valet de feu votre beau-frère, En buvant chez le suisse, a fort iniiocemment Révélé tout ce beau mystère.
Il convient qu'effectivement Son maître eut une fille unique.
Qu'on nommoit Marianne.
Mme ARGANT.
Après?