ACTE IV, SCENE II
LE MARQUIS
Mais il prétend V Qu'elle est morte avant lui, que rien n'est plus constant : Que c'est une histoire publique, Et qu'enfin cette nièce auroit plus de vingt ans.
Mme ARGANT.
Mais vraiment je me le rappelle.
LE MARQUIS
Tous deux sont morts depuis long-temps.
Il est sûr de son fait. Ce ne peut pas être elle. Mais je vous jure encor que je pense trop bien Pour oser en conclure rien.
Mme ARGANT, à part.
Quoi!chezmoi!sousmesyeux! Feignons de n'en rien croire; Et ne dégradons point le père aux yeux du fils. (haut.) Non; plus je pense à cette histoire, Plus je vois que ce sont autant de faux avis. Je connois mon mari. Vingt ans d'expérience Doivent sur cet article assurer mon repos. Pouvez-vous honorer de la moindre croyance Des rapports de valets, toujours ivres ou sots? Qu'ils n'ailieiii pas plus loin. Imposez-leur silence; Et du premier d'entre eux qui ne se taira pas, En le chassant d'ici , punissez l'insolence.
LE MARQUIS
Madame...
Mme ARGANT.
N'ayons point là-dessus de débats :
11 le faut; je le veux; la cliose est expliquée.
LE MARQUIS
Vous serez obéie.
Mme A R G A \ T , rt part.
Ah! que je suis piquée!
{haut. ) Mon mari comblera mes vœux.
L'honneur de s'allier à des gens d'importance,
Quand il se verra devant eu.\ , Indubitablement vaincra sa résistance.
[à pari.) {haut.)
Je saurai l'y forcer. Je viens de recevoir Un billet d'assez bon augure.
Chez le comte d'Ausbourg on nous attend ce soir;
Il est oncle de la future :
C'est chez lui qu'on s'assemble; et l'on y soupera.
LE MARQUIS
Fort bien.
Mme ARGANT.
Vous savez sa demeure?
LE MARQUIS
Mes gens la chercheront.
Mine ARGANT.
Arrivez de bonne heure.
Mais... au sortir de l'opéra.
M™e ARGANT.
Si vous veniez plus tôt!
LE MARQUIS
Ah! ce n'est pas l'usage;