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ACTE IV, SCENE IX. 3o-j

MARIANNE

De cette horreur faites-moi donc sortir; La fin n'en peut être trop prompte.

M. ARGANT

Crains d'apprendre ton sort.

MARIANNE

Je ne crains que la honte De nourrir plus long-temps l'opprobre où je me vois.

M. ARGANT

Modère donc un peu les accents de ta vois.

MARIANNE

Non : c'est au désespoir à rétablir ma gloire; Je ne puis faire trop d'éclat.

M. ARGANT

Je suis moins criminel que tu n'oses le croire.

Sois instruite de ton état :

Cette vive amitié qui t'outrage et te blesse Trouvera dans ton ame un letour éternel ;

Apprends que toute ma tendresse

N'est que de l'amour paternel.

Ah!... ma fille!...

MARIANNE

Qui? vous... mon père?

Eh pourquoi si long-temps me cacher mon bonheur?

l'eut-être ne vas-tu que changer de malheur.

MARIANNE

J'entrevois à présent le fond de ce mystère. Puisque j'ai le bonheur de vous appar Le sort peut à sou gré régler mou a\

mystère. , y parlenir, /r jvenir: '

3o8 L'ÉCOLE DES MÈRES.

Il m'a fait plus de bien qu'il n'en sauroit détruire.

M. ARGANT

Non; j'ai pris mon parti, puisqu'on me pousse à bout Mais pour toi , laisse-moi le soin de te conduire.

Argant n'envahira point tout :

Je m'en vais déclarer qu'il n'est point fils unique; Que nous avons encore une fiUe à pourvoir. Je ne souffrirai point qu'un abus tyrannique, Qu'un usage cruel, au gré de son pouvoir, Me réduise à pleurer ma fille infortunée : J'empêcherai plutôt cet injuste hyménée.

Je comptois obtenir ce qu'il faut arracher : Poui' la première fois je vais parler en maître.

Quel malheur est le mien !

M. ARGANT

On te viendra chercher Quand il en sera temps, je te ferai paroître.

Eh! pourquoi voulez- vous que je sois à jamais

Le fléau de ceux que j'adore?

Joignez à vos bontés la grâce que j'implore; Et souffrez qu'en partant je vous rende la paix.

M. AIiGA5T.

Ou m'attend ; obéis. Et vous, ami fidèle,

Ne m'abandonnez pas; daignez prendre soin d'elle.

Restez; je vous remets en main Ce que j'ai de plus cher.

M, DOLIGXI.

Partez : mais en chemin

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