DOI, IGNI
Quoi?
M. ARGAIVT.
Nous perd l'un et Fautre.
Vous aviez mon secret.
M. DOUGNI.
Il est encore entier.
M. ARGANT
Ma femme est furieuse.
M. DOUGNI.
Elle fait son métier.
M. ARGANT
Que la plaisanterie est ici mal placée! Je vous dis que ma femme est si fort courroucée Contre elle et contre moi, qu'elle est dans le dessein, Comme je l'ai prévu, d'user de violence, De me l'arracher de mon sein , De la mettre en lieu siir.
M. DOUGNI.
Ah! quelle turbulence !
Parbleu , c'est qu'elle sait, à n'en pouvoir douter, Que ce n'est point là votre nièce :
Votre femme croit vous ôter Une jeune et tendre maîtresse.
3o6 L'ÉCOLE DES MÈRES.
MAF.IANXE.
{à M. Doligni.) Qu entends-je? Que m'appreuez-vous?
(à M. jirgaiit.)
Ce u'est pas sur la foi du lien le plus doux Que je suis chez vous et chez elle?
Eh! pourquoi donc ici m'avez-vous fait venir?...
Ciel! je frémis de tout ce que je me rappelle. Ah ! cessez de me retenir.
De toutes les horreurs j'éprouve la plus noire.
Ah, Dieu! peut-on former un si cruel projet?
T)u plus affreux roman je me vois le sujet.
M. DOLIGNI.
Elle ne sait donc pa.^ sa véritable histoire?
M. AH GANT
Eh non! Vous me jetez dans un autre embarras.
MARIANNE
Je veux savoir de qui j'ai reçu la naissance.
Remettez-moi sous leur puissance ; Quels que soient mes parents...
M. ARG A\T
Dans peu tu le sauras.
MARIA N N E
Parlez, je ne veux plus languir dans cette attente. Je vais m'aller jeter aux genoux de ma tante... Quel nom m'échappe encore!
Elle vient de partir,
M. ARG A NT
Attends.