‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 22 sur 295 · ACTE II, SCÈNE I. 3f · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I. 3f

Ah! peut-on faire ainsi, sans le moindre remord, Un abus si "crùil delà loi du plus fort?

d'crval.

Jo suis désespéré; mais je cède à I'iis;!;;f'. Suis-jèTë"sÊ\it ?: . . "I^i sats queriiomme le plus sage , Doit s'en rendre l'esclave.

DAMON, vivement.

Oui, lorsqu'il ne s'agit Que d'un goût passager, d'un meuble ou d'un habit;

La mode n'a point droit de. i.tpus donner desyices, Ou de légitimer le crime au fond des <œurs : "Il suffit (ju'un usage intéresse les moeurs. Pour qu'on ne doive plus en être la \ ictime; L'exemple ne ptut pas auto;iser un crime. Faisons ce qu'on doit faire, et non pas ce qu'on fait,

" d'crval.

Mais enfinjejne^sens assez fort en effet Pour sacrifier tout, san> que je iejçgrette, Pour aller \ivre ensemble au fond d'une retraite.

damo n.

INIais voilà le parti d'un vrai désespéré.

d'ur V AL.

r.t c'est pourtant le seul que j'aurois préféré. Un inconvénient sans doute inévitable M'imprime une terreur encor plus véritable. t

Si j'apprends à Constance un tri.Og)iib£-.sL(J[put, Si ma femme me voit tomber à ses genoux , Commeiitjjaignera7t-(îUe user de s.;j,jictoire? Je crains de lui donner moins d'amour que de gloire;

Je ci'ains que sa fierté ne surcharge mes fers : On en voit tous les jours mille exemples divers.

DAMON

On en trouve toujours de toutes les espèces , Sur-tout lorsque l'on cherche à flatter ses foiblesses. Ce soupçon pour Constance est trop injurieux.

d'ur V AL.

Tu ne le connois pas ce se.ve impérieux : Dans notre abaissement il met son bien suprême; Il veut régner, il veut maîtriser ce qu'il aime, Et ne croit point jouir du plaisir d'être aimé, S'il n'est pas le tyran du coeur qu'il a charmé.

DAMO.N.

,-: CJereproçhe convient ;i l'un tout comme à l'autre. Eh! pour<pioi voulons-nous qu'il soit soumis au nôtre? Mais le trailons-nous mieux cpand nous l'avons séduit Notre emjjire commence où le sien est détruit. INous plaindrons-nous toujours,injustes que jious somiïiesJ De ce sexe ([ui n'a que le défaut desjioinmes? Quel ridicule orgueil nous fait mésestimer sf e que nous.ee .p,giiyons nous empêcher d'aimer?

Constance aura de plus à punir mes parjures, A redouter encor de nouvelles injures, A craindre une rechute, un nouvel abandon ; Constance doit me faire acheter mon pardon. Que de soins, de soupirs, de regrets et de larmes Faudra-t-il que j'oppose à ses justes alarmes! Plus je vais employer de foiblesse et d'amour,

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