ACTE II, SCKNF. I
d'urval.
Oui , je viens de jouir de toute sa vertu. J'ai vu le trouble affreux dont son ame est atteinte ; Cependant je feignois en écoulant sa plainte; J'affectois un air libre , et vingt fois j'ai pensé Me déclarer... Tu vas me Irgiter d'insensé ; Malgré tout cet amour dont je t'ai rendu compte. Je me sens retenu par une fausse honte ; Un préjugé fatal au bonheur des époux Me forcg^ lui cacher un triomphe si doux. i^
Je sens ^k^idiçule où cet amour m'expose. ^
D AMON
Comment! du ridicule!... Et quelle en est la cause?
Quoi! d'aimer sa femme?
d'drval.
Oui , le point est délicat :
Pour plus d'une raison, je ne veux point d'éclat;
Je n'ai déjà donné sur moi que trop de prise...
Ce raccommodement devient une entreprise...
J'avois imaginé d'obtenir de la cour
Un congé pour passer deux mois dans ce séjour,
Sous prétexte de faire ici ton mariage ;
C'est la raison pourquoi Constance est du voyage : ;
J'y croyois être libre, et , seul avec les miens , ',
; Je comptois y trouver en secret des moyens \
Pour pouvoir sans éclat renouer notre chaîne. |
; Mais pour les malheureux la prévoyance est vaine : }
Ma maison est ouverte à tous les survenants, '
Mon rang m'attire ici mille respects gênants... /
Clitandre avec Damis , sans que je les en prie , ^^^
Ne se sont-ils pas rais aussi de la partie? Tu les connois, ce sont d'assez mauvais railleurs; Alors contre moi seul ils deviendi-ont meilleurs; Ainsi des autres; c'est à quoi je dois m'atteudre... Je ne pourrai jamais soutenir cet esclandre ; Il faudra tout quitter ; j'irai me séquestrer, Ou, pour mieux dire, ici je viendrai m'enterrer Avec des campagnards dont tu connois l'espèce, i Sans que dans mon désert un seul ami paroisse. Et véritablement, quelle société I Que celle d'un mari de sa femme entêté, \ Qui n'a des yeux, des soins, des égards que pour elle. Et que, pour ainsi dire, elle tient en tutelle!
D A M o N , froidement.
Tout bien examiné, vous verrez qu'un mari Ne doit jamais aimer que la femme d'autrui.
d'it r V a l.
Tu ris. Suis-je venu pour mettre la réforme? DA.MON, ironiquement.
rLe serment de s'aimer n'est donc que pour la forme? L'intérêt le fait taire, il ne tient qu'un moment...
{vif.) Dis-moi, trahirois-tu tout autre engagement? Oserois-tu produire une excuse aussi folle? Au dernier des Imnictins tu tiendrois ta parole; Il sauroit t'y forcer, aussi bien que les lois.
( tendrement. ) Mais une femme n'a , pour soutenir ses droits, / \ Que sa fidélité, sa foiblesse, et ses larmes ;
Un époux ne craint point de si fragiles armes.