‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 224 sur 295 · ACTE V, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VIII

N'en pouvez-vous jouir, si ce n'est sous mes yeu\? Voulez-vous me réduire à vous demander grâce 'i' Ou faut-il vous céder? prononcez entre nous. MARIANNE, à part.

Sans doute que j'ai fait rompre ce mariage?

Ml»" ARG ANT.

Répondez donc.

MARIANNE

Hélas! je tombe à vos genoux.

MJue A R G A N T.

Portez ailleurs ce faux hommage.

Levez-vous. Les soupirs, les pleurs, sont superflus: Ce ne sont pas toujours des preuves d'innocence.

Disposez de mon sort. Que voulez-vous de plus?

N'est-il pas en votre puissance?

Ordonnez, et comptez sur une obéissance Qui servira du moins à me justifier.

Délivrez-vous de ma présence:

Je ne demande, hélas! qu'à me sacrifier.

Mme A R G A N T.

Qu'à vous sacrifier? Est-ce ici votre place ?

Je n'ai que du malheur; vous pouvez m'en punir.

Mme ARGANT.

Mais le malheur ici vous a-t-il fait venir?

MARIANNE

Accusez mon erreur et non pas mon audace : Madame, on m'a trompée en m'amenant ici ; C'est une vérité cjui peut être attestée.

Si j'avois été libre, v serois-je restée? D'aujourd'hui seulement mou sort est éclairci; Et dès que je l'ai su, j'ai tout mis en usage Pour qu'on me laissât fuir ; je n'ai pu l'obtenir. Ai-je rien de plus cher que de vous réunir?

Mme ARGAîJT, à part.

O ciel ! d'une rivale est-ce là le langage? J'ai peine à résister à son air ingénu.

( à Marianne. ) Cette énigme est assez difficile à comprendre. Votre sort, dites-vous, vous étoit inconnu? Quel est donc ce roman?

MARIANNE

On a dû vous l'apprendre.

Vous savez (jui je suis?

Mine ART, A NT.

C'est un secret pour moi.

MARIANNE

On ne vous a point dit qui j'étois?

Mme A R G A N T.

Je l'ignore.

D'où vous vient ce nouvel effroi?

MARIANNE

Je frémis d'une erreur où je vou^ vois encore.

mme ARGANT.

Cherchez donc à la dissiper.

MARIANNE, à fcirt., en regardant par-tout. Hélas ! je ne vois point mon père.

M«ne ARGANT.

Mais ne vous flattez pas de pouvoir me tromper.

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