LE PRÉ.SIDENT, LA BARONNE
Vous n'avez farf'aucune découverte? Ah ciel! n'aurois-je plu^ qu'à gémir de leur perte? Faudra-t-il que j'emporte avec moi la douleur De n'avoir jamais pu réparer un malheur Dont en quelque façon je suis presque coupable?
LA BAROX.N E.
Mais VOUS ne l'êtes point. Est-ce qu'on est comptable Des jugements qu'on croit rendre avec équité? Quoi 1 ne peut-on jamais cacher la vérité?
338 LA GOUVERNANTE
Tant de gens sont payés pour conspirer contre elle. Pour lui tendre toujours une embûche cruelle! Quel juge est à l'abri d'un semblable malheur?
LE PRÉSIDENT
F.t voilà justement ce qui fit mon erreur,
Et l'arrêt dont je fus l'organe trop funeste.
Mais se peut-il qu'enfin nul espoir ne vous reste ,
Et qu'en dix ou douze ans à peine révolus,
Des gens d'un si grand nom ne se retrouvent plus?
LA BARONNE
Eh ! croyez-moi , monsieur, quand on est misérable , C'est un fardeau de plus qu'un nom considérable : Ils en ont pu changer. Peut-être que la mort Au sein de l'indigence aura fini leur sort.
LE PRÉSIDENT
Mais le défunt avoit une femme, une fille : Il doit être reste quelqu'un de leur famille.
LA BARONNE
J'ai bien quelques soupçons; mais ils sont si légers. Ils sont si dépourvus...
LE PRÉS^KNT.
Qu'i^Birte? ils me sont chers; Ne les négligez pas, redoublAvotre zèle; Vous n'aurez jamais eu d'occasion plus belle D'obliger un parent que vous-même avez mis Depuis long-temps au rang de vos plus vrais ami?,
LA Baronne.
Crovez que c'est à quoi mon zèle s'intéresse.
LE président.
Je vois d'un pas rapide arriver la vieillesse;