SCENE I
O tendresse du sang ! Doux charme d'une vie
Qui devroit dès loug-temps m'avoir été ravie!
Quel état m'as-tu fait préférer à la mort?
Grand Dieu! lorsque j'y pense, étoit-ce là mon sort?
Mais je n'en rougis point, la cause eu est trop chère:
Continuons les soins de la plus tendre mère;
Avant que de rentrer dans ce cloître écarté
Où la main d'un parent a daigné par bouté
Assurer mon destin, consommons mon ouvrage.
Ah, ciel! permets enfin qu'à travers un nuage,
J'achève de verser sur l'objet de mes pleurs
Les seuls biens qui me soient restés de mes malheurs;
Et du moins, qu'au défaut de tout autre avantage,
L'usage des vertus lui serve d'héritage.
Voyons ce que sur elle ont produit mes avis,
Et si , pour son bonheur, elle les a suivis.
LA GOUVERNANTE. 353