‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 245 sur 295 · LA GOUVERNANTE · texte numérisé non relu

LA GOUVERNANTE

Quanti le ciel, qui vouloit que vous fussiez heureuse,

De la Ijaroiine un jour y conduisit les pas.

Ou lui pai'la de vous: votre âge, vos ajipas,

Des larmes qui pour lors vous prêtèrent leurs charmes,

Tout força la baronne à vous rendre les armes;

l'Ile vous prodigua ses généreux secours.

Enfin , son amitié s'augmentant tous les jours,

Elle vous prit chez elle, et sa \ive tendresse

Daigna vous honorer du litre de sa nièce.

ANGÉLIQUE

Ah 1 quelle différence!

LA GOUVERNANTE

Ainsi ne Tétant pas,

Voyez quel précipice est ouvert sous vos pas.

Pouvez-vous vous livrer à l'espoir inutile

De devenir un jour l'épouse de Sainville?

Non; cessez de compter sur cet heureux lien.

La baronne pourra vous faire quelque bien ;

Mais ce n'est pas assez pour que l'on vous pi'éfère . Au plus riche parti que lui cherche son père: j Sainville en a besoin pour vivre avec l'éclat s Qu'exigeront bientôt son rang et son état.

A NGÉLIQUE.

Et le plus temire amour n'est donc rien dans la vie? Au gré de la fortutie il faut (ju'on se marie. Pourvu qu'on soit bien riche, on est donc bien content? Je ne l'aurois pas cru.

LA GOUVERNANTE

Le plus sûr est pourtant De ne plus espérer que l'hymen vous unisse:

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