I. A GOUVERNANTE
Votre malheureux père Saisit l'occasion d'une guerre étrangère: Son courage lui fit espérer tout du sort; Mais il s'exposa trop, il y trouva la mort.
ANGÉLIQUE
Ah, grands dieux! Et ma mère, alors, que devint-elle?
LA GOUVERNANTE.-
Votre mère? jugez de sa douleur mortelle; Peignez-vous son état et son adversité.
Enfin , après avoir long-temps sollicité, D'une pension t'oible, à peine suffisante Pour soutenir sa vie infirme et languissante, On crut payer assez les jours de son époux. Elle comptoit alors se réunir à vous.
Et vous faire venir pour essuyer ses larmes; Toute prête à jouir d'un bien si plein de charmes, Sa santé succomba sous des maux si constants; Dans les bras de la mort elle resta long-temps: A peine elle en sortoit, que ce bienfait modi(jue. Qui faisoit sa fortune et sa ressource unique. Fut discontinué sans espoir de retour.
Sans doute que depuis un si malheureux jour
Elle n'a pu survivre à ce coup si funeste?
Vos larmes, vos soupirs, m'apprennent tout le reste.
LA GOUVERNANTE
Ne comptez plus sur elle, et revenons à vous. Vous étiez au couvent, où je sens, entre nous. Jusqu'où pouvoit aller votre disgrâce affreuse,