SCÈNE VI
ANGÉLIQUE, JULIETTE
ANC. Ér. IQ V E.
Ah! la belle iiiiessc!
JU Ll ETTE.
En quoi donc , s'il vous plaît?
De grâce , expliquez-vous.
Va , je sais ce que c'est.
11 faut pour m'attraper être un peu plus habile : Ce billet qu'on t'apporte est...
JU LIETTE
De qui?
ANGÉLIQUE
De 6ainvillc.
JULIETTE
De lui ?
ANGÉLIQUE
Je gageiois.
J OLIETTE, en défaisant reiwcloppc , (/(telle jette. 11 faut voir.
ANGÉLIQUE
Que fais -tu ^
JU LIETTE
Je l'ouvre.
ANGÉLIQUE
Je dirai que je ne l'ai pas lu.
'iG6 LA GOUVEUNANTE.
JrLlETTE, à pnrt.
Pour la pousser à bout, chauj^eons un peu le texte.
{Elle lit haut.) Et lisons hautement. « Pourquoi prendre un prétexte?
AXGÉHQUE.
Arrête, ou je m'en vais.
JD I, lETTE.
Eh bien ! lisons tout bas.
ANGÉLIQUE
Lis, puisque tu le veux, mais je n'entendrai pas. ICFLIETTE lit, et Angélique semble s'amuser à autre
chose.
" Lorsque nous avons cru nous aimer l'un et l'autre, « Nous nous sommes trompés.
ANGÉLIQUE, à part.
Dieux! qu'est-ce que j'entends?
JULIETTE cotiliii ue à lire.
« Il n'est pas malheureux de rompre en même temps : n Car mon erreur n'a pas duré plus que la vôtre. I. J'accepte la rupture; ainsi n'en parlons plus. »
ANGÉLIQUE, à part.
( en ramassant Fenveloppe. ) Est-ce à moi qu'on écrit?... Regardons le dessus.
J CLIETTE.
A qui diantre en veut-on? Quelle est cette aventure? Pourriez-vous , par hasard, connoîlre l'écriture?
ANGÉLIQUE, animée.
Elle est de mon perfide.
JULIETTE, ingénument.
Ah ! vous l'avez bien dit.